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Romuald GIULIVO


Pur sang

Quand il part pour un stage d’été dans un centre équestre en Italie, Luca ne se doute pas des épreuves qui l’attendent, entre rivalité et exigence, pour approcher l’excellence dans la relation aux chevaux et à l’un d’eux en particulier.

Luca est un adolescent en colère. Il a vécu douloureusement le décès de son grand-père et son entrée au lycée n’a pas été une partie de plaisir avec « ces profs qui étaient tous des photocopies, ces débiles de ma classe avec qui ça avait chauffé, avec qui je m’étais maintes fois retrouvé chez le proviseur au prétexte qu’ils avaient un œil poché ou un poignet pété. »
Quant à sa relation avec ses parents, elle est aussi très compliquée. Ils enseignent tous les deux à l’université, son père en astronomie et sa mère en littérature allemande. Chacun dans son monde et sa passion. Luca a le sentiment de ne rien partager avec eux. « Mes parents ne sont dans ma vie que des notes de bas de page – des pages désespérément blanches. Je ne garderai rien d’eux. Rien du tout. »
C’est pour échapper aux vacances rituelles sur l’île de Ré qu’il a demandé ce stage. « L’excellence, le cheval et l’Italie : voilà un programme qu’il leur était difficile de refuser, tant ils collaient à leurs idéaux de petits-bourgeois. Ils ont tiqué sur le prix indécent du stage, mais aucune discussion n’était possible. Il ne fallait pas trop me chercher ces temps-ci, ils le savaient. »

Ce stage est organisé et dirigé d’une main de fer par Cesare Trappola, surnommé Janus. Luca va apprendre à le connaître et ce ne sera pas simple. « On avait écrit des livres sur lui, on avait tourné des films, mais je n’avais rien lu, rien vu. Ce n’était pas pour lui que j’étais venu passer l’été de l’autre côté des Alpes. Il ne m’intéressait pas plus que ça. Tout juste avais-je parcouru sa page Wikipédia et je n’avais pas retenu grand-chose. Je me rappelais que le type était considéré comme un génie, et aussi qu’il entretenait le mystère sur ses origines. […]  Il savait user au choix d’un bon sens terrien, d’une gouaille de voyou ou d’une aisance insolente en société. Ces qualités lui avaient permis, en une dizaine d’années, de faire de son académie équestre l’une des plus prestigieuses du pays. On venait de toute l’Europe pour y suivre un enseignement rigoureux et novateur. »

Rigoureux, c’est presque un euphémisme tant les exigences du maestro vont approcher, voire dépasser, la limite du supportable. Surtout avec deux élèves plus brillants, intéressants et résistants que les autres : Luca et Anton.
Luca va devoir partager une caravane avec Anton. « Je savais qu’il terminait un sport-étude, je savais qu’il venait ici chaque été et qu’il souhaitait devenir écuyer, qu’il vouait un culte au maître des lieux dont il prononçait toujours le nom dans un murmure, mais je n’en savais guère plus. »
Évidemment, le maestro va les mettre en concurrence, exiger le maximum, et ils vont construire un relation étrange ente rivalité et complicité.

Au fil des chapitres, l’atmosphère devient plus violente, plus étouffante, entre les méthodes impitoyables de Janus, la soumission d’Anton et les colères de Luca.
On découvre peu à peu ces trois personnages et les secrets qui les animent et motivent leurs comportements.

Et puis, il y a les chevaux, bien sûr, au cœur de ce stage initiatique. Et notamment Ombligo del mundo, le nombril du monde, un pur-sang déjà âgé, que Janus a installé dans un box luxueux, en bois noble orné de multiples ferronneries, sur un sol de porphyre recouvert de copeaux. La relation entre Janus et ce cheval est passionnelle et Luca ne peut s’empêcher de venir s’en mêler.

Le livre est plein de secrets, de mystères, de suspense et l’angoisse monte au fur et à mesure où le lecteur découvre et comprend les enjeux qui nourrissent les relations contradictoires et ambiguës entre des personnalités aussi complexes et tourmentées. La parution de ce roman dans la collection doado noir est bien méritée. La noirceur se révèle de chapitre en chapitre et on n’est pas sûr de voir la lumière au bout du tunnel…

Serge Cabrol 
(25/11/24)    



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Jeunesse






Romuald GIULIVO, Pur sang
Rouergue

Collection doado noir (Septembre 2024)
128 pages - 13,90 €








Romuald Giulivo,
né en 1973 à Provins,
a déjà publié une dizaine de livres, surtout pour
les adolescents.

Bio-bibliographie
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