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Jeff LINDSAY


Riley s’attaque au Vatican


Riley Wolfe est un cambrioleur professionnel. Pas vraiment un gentleman cambrioleur parce que, contrairement au héros de Maurice Leblanc, il n’hésite pas à tuer quand c’est nécessaire, y compris de façon très cruelle si quelqu’un le trahit. Plutôt qu’à Arsène Lupin, c’est au voleur de la forêt de Sherwood qu’il préfère se comparer.
« Je m'en prends essentiellement au genre de salopards qui pensent qu'une montagne de fric reçu en héritage les exonère des emmerdes que nous autres, commun des mortels, devons nous taper tous les jours. Je l'admets, j'aime bien leur montrer qu'ils se trompent. C'est dans ma nature, qu'est-ce que vous voulez : Riley des Bois, qui vole aux super riches pour donner à un ancien pauvre, à savoir moi. »  
Avec toujours cette note d’humour qui rend le récit de ses aventures si agréable en ajoutant de la légèreté aux situations les plus dramatiques. Et les situations dramatiques, ce n’est pas ce qui manque ! Il faut dire qu’avec son immense talent, reconnu internationalement, il attire bien des convoitises. Des gens sont prêts à tout pour utiliser ses compétences. De gré ou de force.

Tout d’abord, il y a Patrick Boniface, un puissant et richissime trafiquant d’armes, grand collectionneur d’œuvres d’art, qui rêve de posséder une pièce unique qui n’est, malheureusement pour lui, pas à vendre. Puisqu’il ne peut se l’offrir, pourquoi ne pas la voler ? Et qui pourrait s’en charger ?
Après une trahison (qui coûtera cher à son auteur) Riley se réveille enchaîné dans une cellule dans le refuge secret du trafiquant. Les menaces sont précises et un échantillon de ce qui l’attend s’il refuse de coopérer l’oblige à prendre la situation très au sérieux.
Après la douloureuse séance dans la cellule, Riley est enfin présenté au maître des lieux.
« Il était mince, vêtu d'un costume si parfait que j'en avais presque le vertige. Je veux dire, j'ai des tas de costards de grands tailleurs que j'ai fait faire sur mesure et qui valent quasiment le prix d'une Chevrolet. Mais là, on aurait dit que quelqu'un venait de garer sa Bugatti Divo flambant neuve juste à côté.
Sa chemise et sa cravate étaient du même acabit, et ses chaussures aussi. Avec ce qu'il avait dû dépenser pour cette tenue, on aurait pu nourrir une famille de huit personnes pendant cinquante ans, et payer leur essence en plus. »
Mais que veut-on de lui, exactement ?
« – Je veux que vous voliez La Délivrance de saint Pierre de Raphaël et que vous me l'apportiez.
– Vous avez conscience de ce qu'est une fresque ? Je veux dire, c'est une peinture qui fait littéralement partie d'un mur, bordel ! Peinte à l'intérieur même du mur ! […] Et vous savez qu'en plus de me demander de voler un putain de mur, ce putain de mur-là se trouve être au Vatican ?! Sans doute l'endroit le plus sécurisé du monde ! 
– C’est ce qu’on m’a dit, oui. »
Voilà la tâche qui lui est confiée et qui justifie le titre du roman.

C’est déjà une mission impossible mais le milieu des trafiquants d’armes est un univers impitoyable et Bailey Stone, un rival de Boniface, informé (il y a des traîtres partout !) de la mission confiée à Riley, décide d’utiliser le cambrioleur comme cheval de Troie pour entrer dans le repaire inaccessible de Boniface et l’exterminer.
« – Je connais quelques assassins extrêmement qualifiés, j'en emploie toute une palanquée. Jusqu'ici, aucun d'eux n'a réussi à approcher M. Boniface. J'ai perdu plusieurs hommes dans des tentatives, des hommes qui m'avaient coûté très cher. Bref, je me disais que vous pourriez peut-être m'aider sur ce point. »
Stone a aussi des arguments persuasifs et Riley comprend qu’il n’a pas le choix, qu’il ne peut pas dire non à Stone et qu’il a peu de chance de sortir vivant d’une telle situation.

En outre, le machiavélisme de l’auteur n’a pas de limite et il remet en scène l’agent spécial du FBI Franck Delgado que les lecteurs du premier volume de la série, Riley tente l’impossible, ont déjà rencontré. Comme l'inspecteur Juve traquant Fantômas ou l’inspecteur Clouseau pourchassant "Le fantôme" dans La panthère rose, l’agent spécial Delgado n’a qu’un objectif : arrêter Riley Wolfe.

Le cambrioleur va, cette fois encore, pouvoir compter sur l’aide de Monique, une faussaire de génie avec qui il entretient une relation ambiguë du type "je t’aime, moi non plus", qui se trouve embarquée dans cette histoire contre son gré.

On ne s’ennuie pas une seconde en accompagnant Riley (narrateur à la première personne) pris dans des situations inextricables dont il doute lui-même de pouvoir sortir indemne malgré sa formule récurrente : il y a toujours un moyen !
L’écriture est vivre, souvent drôle, et les rebondissements se succèdent à un rythme soutenu.
C’est déjà le deuxième volume de la série et la quatrième de couverture nous annonce qu’il y en aura d’autres à paraître dans la Série Noire. À suivre…

Serge Cabrol 
(29/05/24)    



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Noir & polar







Jeff LINDSAY, Riley s’attaque au Vatican
Gallimard / Série Noire

(Mai 2024)
480 pages - 22 €

Version numérique
15,99 €

Trad. de l'anglais
(√Čtats-Unis) par
Julie Sibony








Jeff Lindsay,
né à Miami en 1952,
est aussi l’auteur
de la série Dexter.


Bio-bibliographie sur
Wikipédia










Le premier volume de la série Riley a paru en collection de poche


Riley
tente l’impossible

Folio policier

480 pages - 9,90 €