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Se concentrer sur les petits détails. Se concentrer sur ceux qu’elle aime depuis longtemps et qui dorment dans la maison. Remplir tous les espaces pour l’oublier lui. Quand le froid du matin a pénétré plus profondément son corps, elle est rentrée. On dit que les gens heureux n’ont pas d’histoire, mais ça ne les empêche pas d’aimer écouter des histoires, d’en raconter, d’en lire et pourquoi pas d’en écrire… Et c’est ce que va faire Meg, une mère au foyer comblée. Son mari et elle s’aiment comme aux premiers jours, voir grandir les trois garçons nés de leur union, même s’ils l’épuisent, la ravit tous les jours. Est-ce le temps libre qu’elle récupère quand le petit dernier entre à l’école ou ce cri terrible qui résonne presque chaque nuit dans leur quartier cossu du Brabant Wallon aux grandes maisons confortables qui lui donnent tout à coup la sensation d’un grand vide, d’un vertige, et l’envie irrépressible d’écrire ? En tout cas, Meg va avoir sa chambre à elle et se mettre à écrire pour nous raconter, d’abord, son bonheur. C’est un cri terrible. Un cri sordide. Il ne vient pas de loin. Je crois d’abord à un cri animal. Un renard peut-être. Mais c’est un cri du cœur. Un cri humain. Quelqu’un qui souffre et qui ne sait pas où aller cacher sa peine. Mais obsédée par ce cri, et n’ayant plus trop l’inspiration, Meg va mener son enquête et finir par écrire, en plus de son histoire, quatre autres nouvelles sur la vie finalement surprenante de ses voisins. Que de drames, de passions, de secrets glissent ainsi d’une maison à une autre, d’un voisin à un autre, dans le récit, et tissent des liens bien compliqués et obscurs sous les apparences paisibles de ce quartier résidentiel et dans le texte de notre narratrice qui, sous des dehors clairs comme de l’eau de roche, manie bien l’ambigüité. « Elle n’a pas été amoureuse de lui mais seulement de l’amour. Elle aime l’amour. Elle ne vit que pour cela. » J’ai regardé droit dans ses yeux et j’ai vu qu’elle mentait. Elle préférait qu’on croie cela, alors, j’allais essayer d’y croire aussi. Mais quand elle a ajouté : « Cela ne regarde qu’eux. C’est leur secret. Cela ne regarde que ceux qui souffrent. Cela ne regarde qu’elle. Il faut la protéger, puisqu’elle ne se protège pas », j’ai su de qui elle parlait. Et nous, en tant que lecteur, on est pris avec délice dans les rets de cette innocente et novice narratrice. Sylvie Lansade (06/01/25) |
Sommaire Lectures ![]() Les impressions nouvelles 208 pages - 19 € ![]() Nathalie Marquès, biologiste de formation, signe ici son premier roman. |
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