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Francesco MICIELI


Si les forêts nous quittent


« XII Esther
    Je dois avouer que je me débats encore aujourd’hui pour rétablir l’équilibre. Je veux empêcher la chute qui peut m’arriver sans le soutien du groupe.
    Mais je n’ai plus le courage de le faire.
    J’ai l’impression d’avoir été trompée.
    Je sais que ce n’est pas vrai, mais je ne peux rien y faire. »

            Sur la page de titre il y a écrit "roman" et dans le texte plusieurs personnages (Selena, Saïd, Sara, Anina, Esther, Daria…) parlent, formant un chapitre ou un chant, pour dire le désarroi après la disparition de Ginkgo, jeune femme mystérieuse et inspirante, la déposition à la police, la libération des bêtes… Ainsi Anina et Selina : Longtemps nous avons marché et tendu l’oreille, et sommes arrivées en un point où les frontières s’ouvraient, peut être que c’était plutôt un point où tout devient frontière. / Un espace ouvert dans la forêt./ Les gens affluaient et tenaient des lumières à la main. / La scomparsa delle lucciole.  À travers chaque individu c’est un collectif qui s’exprime, un collectif qui cherche à sauver Dame nature.

            C’est tellement collectif qu’il y a beaucoup de citations d’écrivains. Ainsi on entend Baudelaire, L’Invitation au voyage ; Virginia Woolf, Les lumières du monde sont éteintes.  Là se tient l’arbre devant lequel je ne peux pas passer ; Delmore Schwartz, Le temps est l’école où nous apprenons,/ le temps est le feu dans lequel nous brûlons ; Gregory Bateson, La nature et la pensée, et beaucoup d’autres…

            L’exergue du roman, de Marina Tsvetaïeva, commence ainsi, « Tant que tu es poète, tu ne risques pas de te perdre dans les forces de la Nature, car sans cesse elles te ramènent dans l’élément des éléments : la parole. » Et c’est bien ce que nous propose le "roman", des paroles, des discours et donc se tend et s’étire, à travers prose et conte, vers la poésie.

            Si les forêts nous quittent, une ode aux bois et à la sauvegarde de la nature déjà bien atteinte.

Michel Lansade 
(12/11/24)    



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Hélice Hélas

(Septembre 2024)
96 pages - 14 €



Traduit de l'allemand par
Christian Viredaz




Francesco Micieli

né en Italie en 1956 et arrivé en Suisse en 1965
a déjà publié une
vingtaine de livres.