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Anthologie

Le goût des ours


La collection « Le goût de... » regroupe des anthologies littéraires consacrées à des villes, des régions, des pays et à de nombreuses thématiques, véritables petites bibliothèques portatives. Elle réunit déjà plus de trois cents titres.

Le goût des ours contient trente-cinq textes de trois ou quatre pages, parfois moins, rarement plus, répartis en quatre chapitres : Histoires d’ours ; L’ours est un être humain comme les autres ; Les ours, l’amour et la haine ; L’ours amant tendre ou… animal.

Quant aux auteurs, ils sont de tous les siècles et de toutes les nationalités, d’Ésope à John Irving ou Gao Xingjian, en passant par La Fontaine, Kipling, Buzzati, Pouchkine ou Karen Blixen pour n’en citer que quelques-uns. Chaque texte est précédé d’un paragraphe qui resitue l’extrait dans l’œuvre de l’auteur.

L’introduction de Fabienne Alice nous présente les différents membres de la famille des ursidés, leur place dans la société, dans l’imaginaire collectif et dans la littérature au fil des siècles.

Sans oublier les ours en peluche, les braves nounours qui supportent en silence les colères de certains enfants et rassurent ou consolent les chagrins des autres.
Michel Pastoureau raconte le fabuleux destin de Teddy Bear. Deux version coexistent de la création de l’ours en peluche. Morris Michtom, émigré russe installé à New-York, en aurait fabriqué un en 1902 dans sa boutique de Brooklyn et l’aurait appelé Teddy en hommage au président Théodore Roosevelt qui avait épargné un ourson pendant une chasse. D’autres disent que c’est Margarete Steiff qui a eu cette idée en Allemagne. « Aujourd’hui il est impossible aux historiens de dire qui de Morris Michtom ou de Margarete Steiff a eu le premier l’idée de l’ours en peluche. Il semble qu’il y ait eu presque simultanéité d’invention et non pas copie de la création de l’un par l’autre. »

Dans les livres, les ours ont parfois des noms, de Brun, l’ours gourmand du Roman de Renard à Paddington l’ourson venu d’Amérique du Sud créé par Michael Bond en 1958 sans oublier Baloo, l’ami de Mowgli dans Le livre de la jungle de Rudyard Kipling ou Tyr, le grizzli de James Oliver Curwood.

Flaubert lui-même se considérait parfois comme un ours, ce qui a suscité un article fantaisiste de Gustave Goetschy dans un article du quotidien Le Voltaire en 1880. « Cet ours... nous l'avons volé. Hier encore, il appar­tenait à Gustave Flaubert qui l'avait rapporté d'une chasse qu'il fit jadis au pays de la Fantaisie, en compagnie de Louis Bouilhet et Charles d'Osmoy, ses compagnons de chasse. Cerné sur une banquise par ces trois intrépides explorateurs, l'ours, après une assez belle résistance, se laissa prendre et même apprivoiser. La haute taille de Flaubert et son regard vainqueur avaient dompté le fauve et l'on conte qu'il le suivit avec un sourire, tant est grande la fascination du génie sur les animaux.  [...] Ce jour-là, tous les intimes du grand écrivain se trouvaient réunis chez lui : Ivan Tourgueneff, Edmond de Goncourt, Alphonse Daudet, Émile Zola, Philippe Burty, François Coppée, José-Maria de Heredia et d'autres encore. Dans sa vaste robe de chambre bleue, serrée à la ceinture par une cordelière à glands, le maître les tenait tous sous le charme de sa conversation colorée, verveuse, furieusement chaude d'images. […] Au diapason de sa voix on accorderait le tonnerre : or, il contait l'histoire de l'ours qui grognait d'ennui dans son coin. »

Des histoires d’ours, il y en a pour tous les goûts dans ce petit livre, suffisamment pour s’offrir de très agréables moments de lecture.

Serge Cabrol 
(27/01/25)    



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Lectures







Anthologie, Le goût des ours
Mercure de France

(Janvier 2025)
Format 10 x 16 cm
128 pages - 9,50 €








Textes choisis
et présentés par
Fabienne Alice