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Marianne AURICOSTE


Lettre au vivant
Le quotidien du chant



« Je te parlerai à tu et à toi de sorte
que tu ne saches plus lequel est ton endroit… »

            Ainsi commence cette Lettre au vivant où on ne sait si elle s’adresse à tu, une personne, ou à l’ensemble du vivant. C’est une bonne idée de s’adresser au vivant en un chant du quotidien. Le recueil est composé d’une vingtaine de poèmes sans titres et chaque poème va du vers unique (« la meute de tes doutes beugle sur nos ciguës » ou encore ce magnifique vers, « un coquelicot étranglé sur la route ») à la vingtaine de vers.

            Ce quotidien du chant, c’est un peu faire son pain du jour ou sa pâte brisée (la langue, le sens, le vers) à tarte.

« Ici où gît l’effroi le chant. Ici rien qu’ici
la dépossession.
Ouvrir dans l’ouverture. Côtoyer. Épauler.
Prendre avec dans le plein du vivant. Pétrir
encore la pesanteur. Brasser la lumière. Malaxer
un pain de gestes dans le fourneau des vies.
Mais comment démêler l’embrouillé brouillonneux
de tes maux sans chavirer ta coque de vivant
et l’offrir à la sagacité de l’été ?

Tu es le vivant, l’Imbécile, le saignant vivant
de mes labours. Je te veux à flanc à paumes
à bouche décousue à cœur inaltérable.

Pose ta main sur l’eau de ta soif. Disperse
le sel. Adoucis ton silence.
Tu es bien plus que toi. Prolonge-nous.
Creuse l’horizon. »

            Ce quotidien du chant, c’est peut-être aussi le dialogue que l’on fait avec soi-même, avec son petit cœur.

« Pourquoi ne pas céder au pourpre d’innocence
à la levée des sources ?
Ce corps flanqué d’orages ce cœur criblé
de roses et d’amertume
ce cœur en proie et en piétaille » 

            Hymne au vivant, ce recueil contient la « sagacité de l’été » et les fleurs rayonnantes du printemps.

Michel Lansade 
(03/03/25)    



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