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Mickaël BERDUGO

Le squelette joueur

            Le titre du recueil indique assez bien la volonté de jouer ou de faire des farces qui serait l’ossature, le squelette, du poème. Pour ma part j’y vois également un grain d’enfance, avec le monde, ses ritournelles, les êtres et les choses qui semblent étranges et je ne peux m’empêcher de penser aux Disparus de Saint-Agil et aux Chiche-Capon.

Le siècle
a la tête
qui dépasse
du pull.
Rêver
de soi-même
le jour de Noël.

Redevenir
une lanterne
pour les insectes
sans buts.

Le siècle
a la main
qui dépasse
de la manche.

            Cet air d’enfance, puisé dans le surréalisme associe deux images qui n’ont rien à voir entre elles, autrement dit, pratique le zeugma.

Les cieux
ont les pieds
qui dépassent
sur terre.
Avoir sa propre
vie
et décider de la taille
de son rêve.

Les anges
copulent
sous les arbres.

On cache sa main
pour ne pas
ressembler
à un immeuble.

            Rigoler n’empêche pas d’être sérieux, de se promener dans la réflexion.

Écrire
avec son corps.

Écrire
avec sa nuit.

Écrire
avec sa mort,
celle qui pose un point
sur le ventre
de Dieu.

Les rues
sont belles,
belles comme
des hirondelles
gommées
par le ciel.

            L’anaphore et la phrase tronçonnée en vers font la chanson drôle mais inquiète. À lire pour retrouver la fraicheur du surréalisme.

Michel Lansade 
(29/12/25)    



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Poésie








Atelier de l’Agneau

90 pages - 18 €