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Dans ce quatrième volume de leurs aventures, le lieutenant criminel Jacques Chevassus et son adjoint Philippe de May sont confrontés, en mai 1631, à des assassinats dans des théâtres parisiens. Cela nous donne l’occasion de mieux connaître l’univers des comédiens dont le statut était peu estimé, entre infamie civile et excommunication religieuse, et les conditions de vie souvent rudes. Dès la première page, un acteur est poignardé sur la scène du théâtre de l’hôtel de Bourgogne pendant une représentation. L’ambiance était tellement agitée que personne n’a rien vu. « C’était la fin du ballet, presque tout le monde était sur scène. La musique les danses, tout cela créait un attroupement avant les saluts au public. » Le crime a été commis très vite alors que tous virevoltaient sur la scène où on ne retrouve pas d’arme mais deux cartes de tarot, le Diable et la Lune, et un pamphlet qui vise un médecin au nez proéminent sans le nommer. Plutôt minces comme indices. Deux jours plus tard, c’est au théâtre du Marais qu’un nouveau crime est commis dans les mêmes conditions en laissant les mêmes indices. En plus, le lieutenant criminel Chevassus était présent, assistant avec sa femme à une représentation de Clitandre une comédie d’un jeune auteur encore peu connu, Pierre Corneille. L’enquête s’oriente vers une rivalité entre comédiens mais les interrogatoires ne donnent pas beaucoup de résultats. Parallèlement aux initiatives de Jacques Chevassus pour essayer d’éclaircir cette affaire, nous accompagnons deux femmes, Marie et Gabriella, que rien ne prédestinait à se rencontrer sauf le hasard. Marie de Fourcy, l’épouse du maréchal d’Effiat, habite un bel hôtel particulier où elle mène une existence paisible surveillée par une servante pendant les nombreuses absences de son mari. Un matin, elle sort pour une promenade dans Paris. Il faut dire qu’un troisième assassinat vient épaissir le brouillard dans lequel avance Chevassus parce qu’il ne s’agit plus d’un comédien mais d’un médecin pendant une conférence. Le modus operandi est le même, un coup de poignard dans le cœur, deux cartes de tarot et un pamphlet. Grâce à un vieil ami toujours bien informé, Jacques Chevassus apprend que ces pamphlets visent Théophraste Renaudot, médecin du cardinal de Richelieu et de Louis XIII, qui se prépare à faire paraître le premier numéro de la Gazette, précurseur des journaux d’information. Pas étonnant que deux siècles plus tard, en 1926, une dizaine de journalistes choisissent son nom pour créer un prix littéraire concurrent du Goncourt. En alternant l’enquête de Jacques Chevassus et la relation entre Marie et Gabriela, Hélène Clerc-Murgier nous offre une vivante et passionnante plongée dans le Paris du XVIIe siècle mais aussi dans les mentalités et les rivalités de l’époque concernant le théâtre, la médecine, l’information, la condition féminine et bien d’autres sujets. On ne s’ennuie pas une seconde et on en redemande. Quand on a terminé la lecture de ce quatrième volume, on peut toujours lire et relire les trois premiers. En attendant la suite… Serge Cabrol (20/01/25) |
Sommaire Noir & polar ![]() Actes Noirs (Janvier 2025) 336 pages - 22,80 € Version numérique 16,99 €
Bio-biblio-discographie sur Wikipédia Retrouver sur notre site son précédent roman : ![]() L’Affaire Chevreuse |
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