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Portraits d’écrivains Voilà un beau cadeau pour les amateurs de littérature et de portraits d’écrivains avec ces 125 photos en noir et blanc prises entre 1950 et 1990 où l’on retrouve avec plaisir des auteurs bien connus et découvre avec intérêt ceux qui le sont moins. Ce livre est aussi un hommage de Luc Debraine à son père. « Yves Debraine est né à Paris en 1925. À 18 ans, en 1944, il rejoint la Résistance, avant d'être incorporé à la première armée du général de Lattre de Tassigny. À la Libération, ses photographies prises pendant la guerre lui permettent d'entrer à l'Agence France-Presse. Il s'installe en 1948 à Lausanne. » Il a réalisé des reportages pour de nombreux magazines du monde entier, Life, Time, Match, L’Express, Stern, Epoca, National Geographic entre autres, autant d’occasions de rencontrer des personnalités très diverses dont beaucoup d’écrivains. Certains sont à leur table de travail, le stylo à la main ou face à leur machine à écrire, l’ordinateur ne s’était pas encore installé sur les bureaux. Nabokov, lui, est photographié debout devant son écritoire. D’autres sont au coin du feu ou dans leur bibliothèque. Cocteau est très fier de faire visiter la maison qu’il vient d’acheter à Milly-la-Forêt comme l’indique Luc Debraine dans la préface où il explique comment son père a tissé des relations plus fortes avec certains auteurs comme Georges Simenon ou Jean Giono. Cette empathie a permis des reportages et des rencontres hors des sentiers battus. Par exemple, en 1963, le jour où Ian Fleming est allé interviewer Simenon dans son château d’Échadens en Suisse, Yves Debraine était présent. L’échange entre l’auteur de James Bond et celui de Maigret n’a pas été très cordial. Fleming s’est souvenu avoir lu quatre livres de Simenon sur un seul voyage à quoi Simenon a répondu ne jamais avoir lu un seul roman de Fleming. L’ambiance était fraîche mais les photos sont intéressantes. Notamment celle où l’on voit Simenon, passionné par les belles voitures, s’intéresser beaucoup plus à la Studebaker digne de James Bond qu’au créateur de l’agent secret. C’est au procès de Gaston Dominici à Digne en 1954 qu’Yves Debraine a rencontré Jean Giono. Le photographe suivait le procès comme reporter et Jean Giono a beaucoup aimé ses photos, l’une d’elles surtout (reproduite dans le livre) où l’on voit, devant sa mère, pendant le procès, le fils Dominici qui a accusé son père du triple meurtre d’une famille anglaise près de leur ferme. Suite à cette rencontre, le photographe a réalisé un reportage sur Jean Giono dans sa maison de Manosque et en balade en Provence. Au fil des pages, on rencontre donc quarante-six auteurs, dans l’ordre alphabétique, et chacun d’eux est présenté en quelques lignes avant que leur portrait nous fasse croiser leur regard, découvrir leur bureau, leur chien, leur chat, leur maison ou leur voiture… Un voyage littéraire en noir et blanc, un bel ouvrage qu’on feuillette, qu’on parcourt, qu’on dévore avec plaisir, émotion et un peu de nostalgie… Serge Cabrol (13/11/25) |
Sommaire Lectures ![]() Noir sur Blanc (Octobre 2025) 208 pages - 29 € 125 photos en noir et blanc
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