Retour à l'accueil du site





Kristín EIRÍKSDÓTTIR

Échos


« Elle savait combien il [Dimmi] était fébrile. Chaleureux et bienveillant, même si on ne pouvait pas croire un seul mot de ce qu’il disait. Elle savait qu’il avait été tant de fois trahi que, pour lui, les autres n’appartenaient pas au domaine du réel. Qu’il était suffisamment intelligent pour comprendre que les autres souffraient, tout comme lui, mais que les circonstances l’avaient rendu incapable de s’en préoccuper. »

Quatre parties pour ce captivant roman qui porte les prénoms des protagonistes de l’histoire.
D’abord Villa, la narratrice de la première et la dernière parties, qui a réalisé un documentaire sur Dimitri Oskarsson, jeune homme aux sombres facettes qui a été, entre autres, chasseur de baleines et que Villa a rencontré à dix-huit ans pendant un de leurs séjours en hôpital psychiatrique.

Dans les deux parties centrales du livre, on découvre le point de vue de Jón Logi, le père de l’enfant de Villa, et aussi le point de vue de sa meilleure amie et collaboratrice sur le film, Ninja. Tous deux vont soutenir Villa dans sa replongée en enfer et l’aider à s’en sortir.

Après une très bonne réception de son documentaire, Villa se voit replongée dans sa vie d’alcoolique parce qu’en cachant les faces les plus sombres de Dimitri, elle s’est cachée elle-même et a éludé ce qui l’a détruit lui et l’a fait souffrir elle. À cause de questions dérangeantes des spectateurs à la projection de son film, Villa va à nouveau perdre pied.

Une narration peu commune qui explore les oublis inconscients, les traumas réactivés, la maternité rédemptrice, la fragilité de la résilience.
Comme la caméra de Villa, tout, dans le roman, tourne autour de Dimmi / Dimitri qui a été détruit, qui se détruit et en emporte d’autres dans sa destruction et comme dans le documentaire où on accuse Villa de ne pas avoir tout révélé sur ce bad boy à l’apparence charmante, parce qu’elle reconnaît en lui l’enfance fracassée, parce qu’elle se reconnaît en lui,  le roman de Kristín Eiríksdóttir, en écho à ce documentaire, met en scène des personnages dont le lecteur ne pourra évidemment pas tout savoir, comme dans la vie les personnes que l’on rencontre, et c’est ce qui rend son roman si poignant.

« Tout n’est qu’une histoire de souffle. On souffle pour mourir et naître et donner naissance et mourir et naître à nouveau. »

Sylvie Lansade 
(03/07/25)    



Retour
Sommaire
Lectures







Kristín EIRÍKSDÓTTIR, Échos
Noir sur Blanc

Notabilia
(Janvier 2025)
432 pages - 24,50 €

Version numérique
17,99 €


Traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün





Kristín Eiríksdóttir,
née en 1981 à Reykjavik, est poétesse et romancière.