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Isabelle GRÉGOIRE
Vert comme l’enfer
En parallèle, nous voyageons dans la jungle de la Guyane française dans les années 1980 et au Québec de nos jours.
Nous entrons très vite dans ce roman au rythme soutenu chargé de rebondissements, de suspense pour suivre le parcours d’Alice et de Flora qui, a priori, n’ont aucune raison de se croiser.
Alice, institutrice au Québec, participe à un voyage de groupe, dans les années 1980, pour vivre une aventure dans la jungle guyanaise. Nous apprenons beaucoup sur le fleuve Maroni et les peuples qui vivent à proximité et nous découvrons l’histoire du bagne de Guyane, L’enfer vert, où se sont retrouvées de nombreuses femmes de métropole à la fin du XIXème siècle, enfermées après de menus larcins sans espoir de revenir auprès de leur famille car le projet à leur sortie était de les marier pour repeupler la Guyane. Terrible vie pour ces femmes qui souvent avaient volé ou s’étaient prostituées pour nourrir leurs enfants qu’elles ne reverraient jamais. Philippe, l’amant d’Alice, est venu la retrouver dans ce voyage mais leur relation est compliquée car il lui a beaucoup menti ce qu’elle ne lui pardonne pas.
Flora, psychologue dans un établissement qui s’occupe de femmes victimes de violences conjugales, vit au Québec aujourd’hui et sa mère vient de décéder. Son père, médecin, et sa mère, infirmière, ont vécu en Guyane pendant quelques années vers 1980. Son amant, Charles, enquête sur une ancienne prison de femmes du Québec. Les relations de Flora et de sa mère ont toujours été complexes et elle découvrira une terrible vérité après le décès de celle-ci.
Le suspense est très bien maintenu tout au long du roman riche en informations sur les prisons de femmes ainsi que sur la vie en Guyane. La complexité des relations humaines, la perversité de certaines relations amoureuses sont très bien rendues notamment celle qu’Alice va vivre avec Fred le guide du voyage dont on découvrira le terrible fonctionnement au fil du roman.
« Lorsqu’il avait relevé sa belle tête ébouriffée, et croisé son regard dans le miroir, Alice avait cru y voir une lueur dérangeante. Ce pressentiment fugace s’était matérialisé comme une mouche qui passe et qu’on oublie aussitôt. Elle aurait pourtant dû s’avouer que ce n’était pas la première fois que quelque chose la déstabilisait chez Fred. Comme cet assombrissement soudain du regard qui le prenait parfois et dont Alice ne comprenait pas toujours la cause. Ou cette façon qu’il avait de s’absenter. De disparaître en lui-même. Loin, très loin d’elle. »
Brigitte Aubonnet
(27/02/25)
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Lectures

Québec Amérique
272 pages - 19 €

Isabelle Grégoire,
journaliste globe-trotteuse québécoise, a réalisé des reportages dans une quarantaine de pays. Vert comme l’enfer est son troisième roman.
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