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Arnaldur INDRIDASON


Les lendemains qui chantent


Nous retrouvons Konrad, ex-policier maintenant à la retraite, dont l’auteur signe ici la sixième aventure. L’esprit toujours en éveil, il est resté très curieux et ne peut s’empêcher de fouiner un peu partout dès qu’une information concerne une de ses anciennes affaires.
C’est le cas ici quand un corps est découvert sur la colline d’Öskjuhlid. Oui, on est en Islande, les noms propres ne nous semblent pas tout de suite familiers, il vaut mieux s’y habituer dès le début.
« L'affaire avait fait les gros titres durant des semaines lorsqu'on avait découvert que le cadavre était celui de Skafti Timoteus Hallgrimsson, dont on pensait qu'il avait été assassiné à Reykjavik dans les années 70. La police avait arrêté un suspect à l'époque, un dénommé Natan, qui, après une longue détention provisoire et plusieurs interrogatoires à la prison de Sidumuli, avait reconnu avoir assassiné Skafti sur la presqu'île d'Ôrfirisey et jeté son corps à la mer. Les premières conclusions de l'enquête concernant les restes humains découverts à Ôskjuhlid indiquaient que Skafti n'avait pas forcément été assassiné, mais qu'il était peut-être mort de manière accidentelle en tombant dans une sorte d'étroite grotte aménagée durant la guerre, souvenir de la présence des troupes britanniques dans le périmètre. »
Konrad avait participé à cette enquête dans les années 70 et soupçonnait que Leo son collègue de l’époque avait forcé la main à Natan pour qu’il avoue le meurtre.
Natan a été condamné à une lourde peine et, devenu clochard, il est mort de froid quelques années après sa sortie de prison. Une vie complètement gâchée.
Mais pourquoi avait-il avoué ? Et pourquoi Leo avait-il fait pression pour qu’il avoue ?
Konrad repart en chasse et il n’est pas au bout de ses surprises…

Mais ce n’est pas tout. Un autre corps, apparemment celui d’un touriste étranger, a été retrouvé par des promeneurs au bord du lac de Hafravatn. « Un journal affirmait que rien ne laissait entendre que le décès soit d'origine criminelle. C'était la formule consacrée. Ce type de nouvelle était presque quotidien depuis que l'Islande était devenue une destination touristique prisée, ce qui multipliait la population de l'île par sept chaque année. On entendait très souvent parler aux informations de touristes qui trouvaient la mort dans des accidents sur le réseau routier islandais de piètre qualité, qui s'égaraient et s'épuisaient loin dans les hautes terres inhabitées, qui tombaient d'une falaise, se noyaient dans la mer ou dans les lacs, ou qu'on retrouvait morts dans leurs chambres d'hôtel. La sécurité civile n'avait jamais eu autant de travail que depuis l'essor de l'industrie touristique. Pour l'heure, on ignorait l'identité et la nationalité de l'homme découvert au lac de Hafravatn. C'était là encore une formule consacrée. On ignorait aussi ce qu'il était allé faire dans cet endroit situé à l'orée de la ville. »
Mais Konrad va rapidement savoir que ce « touriste » est en fait un Islandais qui vivait depuis longtemps en Norvège. Ce Franklin, dans les années 80 était l’associé de Petur, propriétaire d’un pressing. Un soir, en 1983, Petur a disparu, à la surprise de son fils et de ses employés. On ne l’a jamais retrouvé ni mort, ni vivant. Franklin était ensuite parti en Norvège et voilà qu’on retrouve maintenant son corps en Islande.
Là aussi, Konrad va chercher à en savoir plus et comprendre ce qui s’est passé en 1983.

Konrad va mener ces deux enquêtes en parallèle, interroger des témoins, visiter des maisons, et prendre des risques qu’il ne soupçonnait pas. Des vieilles histoires de photos pédopornographiques, de voitures volées (des Lada) et de chalutiers russes faisant escale à proximité, vont nous mener du roman noir au roman d’espionnage. Au fil des pages, certains personnages vont faire le lien entre toutes ces affaires.

Konrad ne ménage pas sa peine, furetant partout où il le peut et nous l’accompagnons avec beaucoup de plaisir. Une intéressante découverte de l’Islande sur le plan géographique mais aussi historique. Ce qui nous apparaît au début comme un puzzle trouve peu à peu sa logique et les pièces s’imbriquent pour construire une intrigue à la fois complexe et passionnante.

Serge Cabrol 
(06/02/25)    



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Noir & polar








Métailié

(Février 2025)
336 pages - 22,50 €

Traduit de l'islandais
par Éric Boury







Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961.

Bio-bibliographie sur
Wikipédia





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