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Jean-Pierre POCCIONI
La double personnalité du criquet
C’est une période faste pour Bruno Mancini et sa famille, Valérie, sa femme, et Valentin, son fils. Comme quelque chose qu'on pourrait appeler le bonheur. Tout commence quand l'employeur de Bruno lui annonce qu'il a été sélectionné pour un poste de psychologue dans un laboratoire secret dont la recherche est le transhumanisme, laboratoire qui a pour nom "Le Ravin" à Fontainebleau. « Par un effet quelque peu théâtral, il termina cet entretien là où beaucoup commencent : ma rémunération. Il confirma les annonces de principe par des chiffres précis qui me laissèrent sans voix. Décidément ce poste échappait aux normes ! » Avec ce nouveau salaire conséquent, tout le monde peut déménager dans le confort de Fontainebleau, acheter une nouvelle voiture, une BMW X6, Valérie retrouver un nouvel emploi de clerc de notaire dans cette ville et Valentin est heureux de trouver un nouveau collège. Enfin, cerise sur le gâteau, il trouve une nouvelle maison, le "Moulin Rouge". « L’endroit était d’une stupéfiante beauté, j'ai compris pourquoi l’ayant découvert Valérie avait tenu à me le présenter de cette façon si théâtrale. Le cours d'eau filait dans son lit, passait sous un pont, frôlait les berges d'un petit étang au bord duquel s'accrochaient deux saules puis s'étirait au long de la lisière des bois. Un pré d'un vert si vif s'élargissait en éventail pour aller se perdre dans la masse plus sombre des conifères et des feuillus immenses, probablement des hêtres. Au cœur du tableau, au-delà de l'étang et au bord de la rivière, une bâtisse attirait le regard mêlant la fierté d'un château fort à la modestie d'un refuge secret. C'était une solide et vaste construction. » C'est vraiment un début de roman rose, d'une romance où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais voilà, il y a des voisins, un clan formé par Christelle Leflaive, sa fille Méline avec son Staffordshire psychotique et l'amant de Christelle, Steve Delbourg. Pour des détails, comme un détour de cinq minutes ou une remarque devant le chien hargneux, les ennuis vont commencer, coups, pneus crevés, haie passée au désherbant, jusqu'au meurtre du chien de Valentin. Le roman devient noir, le mauvais côté de la personnalité du criquet quand il est en groupe, en clan, fait de sinistres ravages. Des clans, il y en a plusieurs, celui du "Ravin", du laboratoire, et celui de Giuliano, le parent italien de Bruno, autrement dit "La Famille"… Et le roman noir devient polar… La double personnalité du criquet est un roman caméléon qui nous fait revisiter la dynamique de groupe dans une belle écriture tout en évoquant des références littéraires. Il appuie sur un point : tout service rendu doit être payé.
Michel Lansade
(28/05/25)
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Lectures

Héliopoles
Collection Serge Safran
(Janvier 2025)
288 pages - 22,90 €

Jean-Pierre Poccioni
La double personnalité du criquet est son huitième roman.
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