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L’auteur exerçait la médecine jusqu’au moment où il a été atteint d’un cancer des intestins au milieu de la trentaine. Il pense qu’il va mourir et cette perspective entraîne bien sûr de profondes réflexions. Quand après les chimios, il apprend qu’il est en rémission puis guéri, il refuse de reprendre sa vie comme avant. Voyager et rencontrer, il en avait déjà eu l’occasion. Un premier séjour aux États-Unis à l’adolescence. Et puis la rencontre de l’amour, le compagnon qui devient son mari, le « tu » de ce livre, que sa carrière universitaire installe aux États-Unis, ce qui signifiait pour l’auteur des allers-retours réguliers entre les deux pays. L’auteur évoque ces périodes, avant et après la maladie, l’entrée dans l’écriture, la douzaine de livres déjà publiés. Et une personne qui a été importante dans ce parcours atypique, Génia. C’est son adresse qui donne son titre à ce livre. À New-York, Genia habitait dans le quartier de Chelsea, un studio donnant sur la Sixième avenue qu’elle appelait "l’avenue des Amériques". L’auteur évoque aussi son accession à la citoyenneté américaine, après vingt ans d’itinérance, et la difficulté de déclarer qu’il aime l’Amérique. Quelle Amérique ? Celle de sa Constitution et de tous ceux qui se sont opposés à l’esclavage, au racisme, à la guerre au Vietnam, oui. Mais pas celle qui se roule dans la boue depuis l’arrivée au pouvoir du "bouledogue à crinière orangée" dont il refuse même de citer le nom. Relation ambiguë, entre fascination et détestation, pour ce pays de contrastes. L’autre pays de cœur, c’est le Vietnam, où l’auteur a eu plusieurs fois l’occasion de séjourner et dont il parle longuement avec passion. Notamment de ce voyage avec un homme qui lui a envoyé un mail, s’identifiant à l’un de ses personnages. L’auteur a répondu, ils se sont rencontrés, et peu à peu cet homme a pris une grande place dans sa vie. L’auteur et son mari ne sacralisent pas l’exclusivité. « Je t’avais aimé et je t’aimais aussi parce que tu n’avais jamais vécu comme une menace que je cherche ailleurs ce que tu ne m’apportais pas. Et c’était mutuel. J’avais voyagé sans toi, eu d’autres amis et amants que toi. » Mais la relation avec cet inconnu, "homme réel sorti d’un de mes livres", devient peu à peu inquiétante. L’auteur se sent sous emprise. « Dès lors, je ne m’étais plus employé qu’à me débattre, à me dénouer, à m’arracher – pour me sauver. » Ce très beau livre nous fait partager les passions de l’auteur, les pays et les personnes qu’il rencontre et qu’il aime, les épreuves qu’il surmonte, les réflexions qui motivent ses choix souvent difficiles, cornéliens, même si l’écriture est au cœur de tout, l’écriture qui lui a fait renoncer à une carrière qu’il ne désirait plus, qui l’a entraîné vers une existence à laquelle il aspirait profondément, faite de lectures, de rencontres, d’études, de réflexions, de voyages et d’écriture. Un auteur exigeant en amour comme en littérature. Serge Cabrol (16/07/26) |
Sommaire Lectures ![]() Gallimard / Sygne (Mai 2026) 256 pages - 21 € Version numérique 14,99 € ![]() Patrick Autréaux a déjà publié une douzaine de livres. Visiter le site de l'auteur : www.patrickautreaux.fr Retrouver sur notre site un autre roman de Patrick Autréaux : La voix écrite |
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