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Nelly BURET & Albane GELLÉ
Terre
Voilà un subtil dialogue entre les mots d’Albane Gellé et les dessins de Nelly Buret sur le thème de la terre dans tous les sens de ce mot. Les gravures de Nelly Buret racontent « la rivière et le végétal qui traquent les résidus de lumière, qui jabotent les feuilles éparses, qui retiennent le tissu déchiré des saisons, qui s’inclinent dans la poussière ombrée des carcasses d’arbres. » Dans ses encres, l’eau et la matière semblent jouer à se dissoudre et à se rassembler infiniment. Les couleurs se réduisent au bleu et au brun. Les motifs sont végétaux et aquatiques. Une feuille transparente rescapée de l’automne joue avec une flaque d’eau brune, tantôt flottant, tantôt s’échappant. Ses encres dessinées ne s’imposent pas lourdement, elles sont « le fruit d’un acte d’écoute et d’abandon pour les textes d’Albane Gellé. »
Les textes d’Albane Gellé décrivent avec des mots très simples, tantôt la vie qui fourmille dans la terre, tantôt les différents états de la matière, tantôt les relations que les hommes tissent avec elle, comme dernière demeure ou potager, tantôt les façons de l’habiter, terriers ou maisons, ou encore ce qu’on fabrique avec la terre. « Tomettes terres cuites et poteries / Tuiles faïence et céramique … »
Il y a parfois dans la construction, à la manière des haïkus, une opposition entre le début du poème et sa fin : « Terre traversée / par mille milliards de minuscules / petites vies, lombrics et autres, occupés à régénérer, nourrir et aérer, fertiliser / et nous sur nos deux jambes / deux bras ballants, deux yeux aveugles / même avec loupes et lunettes. »
La terre peut être mise à mal : « Terre forée Terre sondée Terre mesurée et observée / par une batterie de satellites, radars stations et sismographes /milliers d’engins de prévoyance, et de calculs /entre détruire et protéger, Terre sous haute surveillance. »
La terre peut aussi se révolter : tremblements de terre, éruption volcanique, collision des continents. La terre héberge d’autres formes de vie « ceux qui glissent, ceux qui avancent sans marcher, les dérouleurs de silence […] la vie la peau / à même la terre. »
Ces poèmes courts chantent la terre, l’interrogent et invitent le lecteur à un voyage qui visite toutes les couches de la terre, ses paysages, ses usages, les menaces qui pèsent sur elle. Le style demeure simple, à la portée de tous lecteurs, avec de belles images poétiques.
Nadine Dutier
(23/02/26)
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Poésie

L'Atelier contemporain
Format 22 x 14 cm
80 pages - 20 €
Dessins
Nelly BURET
Poèmes
Albane GELLÉ
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