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Thaïs DIA

Chérine



Farah et Chérine sont deux adolescentes qui vivent dans une cité, utilisent des mots et des expressions très typiques et sont franches dans leur jugement :
« – Chabe-moi ça. Pas encore dix ans et ça se prend déjà pour des pop stars…
– Grave. Avec leurs petits culs qui se tortillent dans tous les sens et leurs nombrils à l’air… Les gros pointeurs qui passent doivent être refaits.
– Le monde part en sucette, ma sœur…, conclut Farah. »

La mère de Farah est algérienne et son père, homme d’affaires, les quitte pour aller vivre à l’étranger. Farah rencontre Mohamed et elle se marie en secret sans en informer sa mère. Ils vont se débrouiller pour vivre ensemble.

Les parents de Chérine, Ahmed et Samira, sont algériens et quand elle rencontre Mathieu elle n’ose pas leur en parler. Cela se termine très mal quand Mathieu vient chez eux pour demander la main de Chérine.
« Ahmed criait qu’il allait devenir fou. C’était sûr, une malédiction avait été jetée sur lui et sa famille. Depuis toujours, il n’avait eu que des problèmes. Il s’était tué à la tâche depuis son arrivée ici et dès que ses filles étaient devenues grandes, elles l’avaient lâché. Hafsa l’avait achevé, déshonoré. Jamais il n’avait connu la joie d’avoir un fils, de pouvoir perpétuer son nom. Pourquoi Dieu lui imposait-il toutes ces épreuves ? Tout cela était trop pour un seul homme. Il était vieux désormais, est-ce qu’on ne pouvait pas le laisser un peu tranquille ? »

Pour des parents algériens la famille joue un rôle essentiel. Chérine accepte le refus de ses parents et elle se fait une raison quand son père lui propose un futur mari. Elle se persuade qu’il est important de lui faire plaisir et qu’il a peut-être raison mais ce n’est pas facile.
« En l’écoutant, Chérine s’était dit qu’elle enviait la façon dont Farah gérait sa vie. Elle ne se laissait dicter ses choix par personne et prenait des risques que Chérine, même en rêve, n’aurait osé envisager. Elle avait aussi l’impression que la situation de Farah était plus facile : elle avait grandi avec un père absent et une mère dérangée, elle n’avait pas sur les épaules la pression de deux parents à la mentalité traditionnelle. »

Farah est très heureuse avec Momo mais pour Chérine cela ne va pas être si simple. La condition des jeunes femmes d’origine maghrébine n’est pas facile. Vivre son indépendance est complexe car il faut trouver l’équilibre entre ses propres aspirations et les attentes des parents.

Le suspense est maintenu jusqu’à la fin du roman pour voir si Chérine arrivera à exister en tant qu’elle-même et pouvoir enfin faire ses propres choix.

C’est un roman qui rend bien compte de la vie de ces jeunes femmes. L’amitié joue un rôle essentiel d’entraide. Cela met en évidence les valeurs indiscutables de la vie dans des contextes parfois bien complexes. Un premier roman tout à fait passionnnant.

Brigitte Aubonnet 
(05/11/26)    



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Viviane Hamy
(Août 2026)
384 pages - 21,90 €









Thaïs Dia
a grandi dans une ville populaire de la région lyonnaise. Docteure en lettres avec une thèse portant sur la figure romanesque du jeune de banlieue, elle a habité au Canada, aux États-Unis et en Iran. Cherine est son premier roman.
(Source éditeur)