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Louise HEGARTY

Fair Play



Un roman passionnant pour les amateurs de polars, d’intrigues, d’enquêtes et d’humour, un mélange facétieux d’Agatha Christie et de Conan Doyle.

Dans la première partie, nous assistons à une partie de Cluedo grandeur nature. 
Pour l’anniversaire de son frère, Abigail a réuni un groupe d’amis dans une maison de location près de Cork en Irlande.
« Le 31 décembre vous êtes cordialement invité à célébrer l’anniversaire de Benjamin autour d’une soirée détective. »
En plus d’Abigail, ils sont sept : Benjamin et Barbara, sa secrétaire ; Olivia et Cormac, un ami de fac de Benjamin ; Stephen, un ami depuis l’école primaire ; Margaret, l’ex-fiancée de Benjamin ; et Declan qui connaît aussi Benjamin depuis l’enfance mais ils se sont un peu perdus de vue…
Nous les voyons arriver les uns après les autres, se retrouver ou se présenter, et s’installer dans les chambres puisque tout le monde passera la nuit dans la maison.
La soirée commence, petits fours, champagne et bavardages.
Enfin arrive l’heure du jeu. Abigail distribue les enveloppes contenant les consignes et les cartes personnages. « Nous sommes réunis dans un manoir pour une soirée endiablée du Nouvel An 1929 organisée par Sir Hubert Handesley qui, il y a peu, a hérité de son père… »
La partie commence, Stephan interprète le rôle de Sir Hubert Handesley dont le corps est retrouvé inanimé dans la cuisine. Qui l’a tué et avec quelle arme ?
Chacun joue son rôle, le jeu se déroule à merveille. Une fois la partie terminée, la soirée reprend un tour plus classique : nourriture, boisson, danse… Et tout le monde au lit, dans un état d’alcoolémie assez avancé pour certains.
Le lendemains matin, l’un d’entre eux est retrouvé mort dans sa chambre…

Page 50, deuxième partie du roman, c’est maintenant l’autrice qui joue avec le lecteur !
Elle commence par énoncer les règles du "fair play" pour l’écriture d’un roman policier, telles qu’elles sont été édictées par T.S. Eliot en 1927, S. S. Van Dine en 1928 et le Père Knox en 1929. L’auteur ne doit pas tricher avec le lecteur qui doit pouvoir résoudre l’énigme avec les éléments fournis.
Mais Louise Hegarty, elle, ne se prive pas de jouer avec les codes pour nous offrir une belle leçon d’écriture, un véritable exercice de style.
Nous ne sommes plus dans un Airbnb mais dans la maison d’Abigail et Benjamin. À part ça, la situation est quasiment la même, on est le premier janvier, les sept amis se sont réveillés après leur soirée arrosée et l’un d’entre eux est mort.
Mais là, un détective, Auguste Bell, arrive pour mener l’enquête et procède aux interrogatoires. Il est rejoint par Sacker qu’il présente ainsi : « Et voici Sacker, bien sûr, mon compagnon, mon acolyte, mon Watson, voyez-vous ? Vous ne l’aviez sans doute pas encore aperçu mais il joue un rôle littéraire des plus importants. Il aura une ribambelle d’idées qui ne lui vaudront que des railleries de ma part, jusqu’à ce que l’une de ses théories tirées par les cheveux éveille quelque chose en moi. »
Il y a aussi un inspecteur chef de la police, Furet, mais il enquête plutôt sur une série de cambriolages qui ont lieu dans la région. Les deux enquêtes vont peut-être se rejoindre…

À la suite de l’enquête d’Auguste Bell, pendant laquelle on apprend beaucoup de choses sur tous les personnages et sur les relations entre eux, le lecteur doit pouvoir résoudre l’énigme.
« En mobilisant votre sens de la logique et de la déduction, vous pourrez non seulement deviner, mais aussi prouver l’identité du coupable. Et expliquer pourquoi et comment le meurtre a été commis. Bonne chance. »

Le détective prend ensuite la parole :
« –Sacker, s’il vous plaît, rassemblez tout le monde dans le salon.
– Vous avez trouvé la solution ?
– Oui à l’instant. J’ai été si bête je n’en reviens pas. C’était sous mon nez depuis le début. Dépêchez-vous, s’il vous plaît. Il n’y a pas une seconde à perdre. »
Et il expose le résultat de ses réflexions.

Sommes-nous donc à la fin du livre ?
Mais non ! On n’est pas chez Agatha Christie, Louise Hegarty a encore à notre disposition beaucoup d’imagination et d’humour.
Comme dans Un jour sans fin où Bull Murray recommence chaque matin la même journée de la marmotte, chaque chapitre suivant débute par les mêmes phrases et Sacker réunit tous les personnages dans le salon pour une nouvelle résolution de l’énigme avec un nouveau coupable…

Un bel exercice de style pour les amateurs de polars ! « Un puzzle littéraire d’une élégance diabolique » écrivait le Sunday Times, jolie formule !
Quant à la véritable fin, il faut lire pour savoir. Le détective Auguste Bell vous souhaite une agréable lecture.

Serge Cabrol 
(11/05/26)    



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Noir & polar








Denoël

Collection Sueurs froides
(Mars 2026)
320 pages - 22 €

Version numérique
15,99 €


Traduit de l’anglais
(Irlande)
par Laetitia Devaux
et Léonie Guillot-Alissant







Louise Hegarty
est aussi nouvelliste.
Fair Play est
son premier roman.