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Marie KERN


À l’encre de mon âme


C’est un roman étrange et passionnant que nous offre Marie Kern. Roman d’amour et roman noir. Roman dans le roman puisque c’est le projet du narrateur que d’écrire un roman. Enquête policière et passion amoureuse s’entremêlent au fil d’un journal de bord intimiste nourri d’observations, de réflexions, de sensations, de désirs et d’espoir. Il y met toute son âme comme l’indique le titre.

Simon a beaucoup écrit de poèmes pendant son adolescence, « des petits sonnets à l’adresse de toutes les filles que je n’osais pas draguer ». La vie professionnelle et conjugale a balayé ses velléités littéraires. Mais il est maintenant à nouveau seul et libre. « J’ai travaillé durant trente ans pour une étude de notaire qui a fini par me balancer dans les roses de la préretraite.  À présent, j’ai tout mon temps. À part nourrir les mésanges qui viennent fleurir les bords de mon balcon, je consacre la plus grande partie de mon quotidien à dévorer des livres policiers. » Côté cœur, c’est aussi le désert. « À l'époque, je vivais avec Camille, une beauté bêcheuse, somme toute très commune. Je n'avais d'autre fonction que celle de tiroir-caisse. Je gagnais bien ma vie, nous sortions beaucoup, j'étais généreux, trop sans doute. Le jour où j'ai été licencié, il a fallu abandonner ce train de vie. Camille a d'abord fait la moue, tout était prétexte à reproche, jusqu'au moindre détail de notre vie intime, avant de partir, quinze jours plus tard. […] Cela a été rapide, sans concession, un véritable coup de poignard en plein cœur. »
Au début, il a été envahi par une haine dévorante, et puis « la haine a laissé place au mépris. J'ai pu me reposer. »

Maintenant, Simon vit seul. Ce serait le moment idéal pour renouer avec l’écriture…
Et voilà que se produit justement un événement aussi violent qu’inattendu : un homme a été tué au pied d’un arbre, à la lisière du bois, en face de son balcon.
La radio indique qu’il s’appelait Clovis Gauvain et qu’il a été poignardé avec un kriss, « un poignard malais auquel on prête des pouvoirs mystérieux ». Ce fait divers livré quasiment à domicile le pousse à rechercher dans une armoire « un cahier acheté il y a des années dans l’espoir d’avoir le temps et l’inspiration pour écrire un roman. »
« Quel plus beau sujet que ce meurtre qui vient de se passer en face de mon immeuble ! C’est une bénédiction ! Je noterai désormais tout ce qui me rapproche de près ou de loin de ce fameux Clovis Gauvin. Tenir un journal de bord, voilà ce que je vais faire. »

Simon collectionne toutes les coupures de presse qui évoquent le crime et sa victime. « Les différents articles le concernant sont assez précis sur le type d’homme qu’il devait être. Kinésithérapeute de profession, il fréquentait tous les milieux ésotériques du coin, en plus d’être un pratiquant assidu de la grande salle de sport qui se trouve dans la zone industrielle à côté de l’autoroute. »

Cette salle de sport, Simon la connaît parce qu’il l’a déjà fréquentée. Il décide d’y retourner. « J'y cultiverai ma forme, tout en tendant l'oreille afin d'en savoir davantage sur Clovis ; et peut-être aurai-je également l'occasion de revoir Salomé. Je me souviens très bien de cette fille. […] Elle ressemble plus à un oiseau qu'à un être humain. […] Je l'avais beaucoup observée. Plus qu'elle ne l'avait fait pour moi. Salomé ne m'a jamais adressé un seul regard. Si je la revois, peut-être oserai-je l'aborder. »

À la salle de sport, en effet, Salomé est encore là, fidèle à ses habitudes.  Mais Simon retrouve aussi Phil, un autre habitué qui lui apprend que Salomé a été la compagne de Clovis Gauvin.
Comment mieux se rapprocher du sujet de son roman qu’en se rapprochant de la compagne de la victime !

Mais un tel rapprochement n’est pas sans risque…
Simon en approchant Salomé en tombe de plus en plus amoureux et Salomé attirée par Simon veut retrouver en lui tout ce qui la séduisait chez Clovis, y compris un goût prononcé pour l’ésotérisme et le chamanisme.
Simon est prêt à tout pour approfondir cette relation et se rapprocher le plus de ce Clovis, sujet essentiel du roman qu’il continue à préparer…

La lecture de son journal nous permet de ressentir et partager au plus près tout ce que vit Simon. Et Marie Kern nous livre ainsi un texte passionnant, émouvant et addictif qu’on dévore en nous demandant jusqu’où cette relation passionnelle et complexe mènera Simon et Salomé.

Serge Cabrol 
(24/08/26)    



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Noir & polar








Cairn

Du Noir au Sud
(Juin 2026)
240 pages - 13,50 €

Version numérique :
8,99 €









Marie Kern,
docteur en Lettres et Arts, est originaire de Nouméa et vit dans le Var. Après quelques années à l’université d’Aix-en-Provence, elle se consacre à l’écriture sous toutes ses formes : théâtre, accompagnement de peintres, journalisme, scénarii de BD, contes...
À l’encre de mon âme
est son premier roman.







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une pièce de théâtre
de Marie Kern :

Histoire de Léo