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Bethsabée KRIVOSHEY


Le contraire de la pudeur


Dans les années 2000, Élisheva entre au Lycée Lamartine, en seconde, où elle ne connaît personne mais rencontre Louison avec qui une relation très forte s’installe rapidement. Elles vivent un véritable « coup de foudre amical ».

Éli et Lou ne vont pas beaucoup au lycée, elles sont odieuses avec les profs et fatalement redoublent leur seconde car elles n’ont pas vraiment étudié leurs cours tout au long de l’année. Les parents d’Élisheva l’envoient dans une pension très stricte. Élisheva retrouve malgré tout, avec Lydie et Steve, des moments de liberté. Chaque pensionnaire a une raison de se trouver dans cet internat qui joue un rôle important dans le roman :
« Et tous les lundis, par les portes entrouvertes sur le grand couloir, on distingue les voix en cacophonie des filles qui résument leur week-end, leurs vies. Des filles chialent, des filles rient. Lydie appelle ça la maladie du lundi – T’as vu ? Elles ont toutes le cafard. »

Nous suivons donc la vie d’Éli entre la pension et son retour à Paris pour les week-ends. Elle évoque les relations avec ses parents et son frère Boris.
Nous remontons dans le temps car Éli apprend un secret dans cette famille complexe. Ses parents sont nés en Argentine, sa mère vivait dans un quartier chic de Buenos Aires et son père dans un quartier pauvre.

Le parcours de cette adolescente rebelle est bien rendu grâce à une écriture directe, vivante et enjouée pour parler de la jeunesse, des envies d’indépendance et le désir de se sentir vivre. Éli n’hésite pas à parler de sa sexualité. Elle demande un jour à sa mère si elle se masturbe. Sa mère refuse de lui répondre mais elle est très claire avec sa fille sur le consentement et lui donne de bons conseils.
Elle discute aussi avec son frère Boris :
« Le secret, dit Boris, c’est qu’il faut tout essayer avant de commencer la pénétration. Tout.
– Tout ?
J’ai des idées bizarres qui me passent par la tête.
– Tout ! renchérit Boris comme s’il me devinait. Même les choses qui te semblent dégueulasses, justement ! Les beurk, c’est pour les gamines. Si tu veux faire l’amour, c’est que t’es plus une gamine. Il faut que tu te connaisses. Et pour savoir ce que tu aimes, il faut que tu testes plein de choses. C’est la seule façon de savoir ce qui te convient. Autrement, tu te fais avoir comme une conne, sur le dos, et en cinq minutes, c’est réglé !
Il me laisse pensive quelques secondes avant de conclure :
– Je te le dis, Élicheva, il faut que tu jouisses avant de laisser le mec te pénétrer. Si tu n’as pas d’orgasme avant, tu laisses pas rentrer le mec, c’est simple.
– Avant ?
J’essaie d’imaginer ce que pourrait me faire Bastien, avant.
– Avec ses doigts ? Sa langue ?
Boris acquiesce.
– Oui, Éli. Une fois que t’es sur le dos, les jambes écartées, crois-moi, c’est trop tard. »

Les chapitres courts donnent un rythme très dynamique.
Il y a de très belles pages sur la relation d’Élisheva avec sa mère, sur la maladie et la mort et le rapport d’une adolescente avec ces moments dramatiques. Elle refuse de se laisser engloutir par la douleur. Elle veut vivre. Vivre libre.

Brigitte Aubonnet 
(21/09/26)    



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Bethsabée KRIVOSHEY, Le contraire de la  pudeur
Plon

(Août 2026)
256 pages - 21 €

Version numérique
7,49 €








Bethsabée Krivoshey
est née à Paris en 1985, où elle est revenue s'installer après quelques années argentines. Le Contraire
de la pudeur
est
son premier roman.