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Jean-Claude MARTIN

Les yeux du ciel


Le recueil se compose de près d’une centaine de poèmes courts en prose (la prose est la marque de fabrique du poète Martin multiprimé) divisé en quatre parties. 
« Au commencement était… la nuit
Que la lumière… soie (si possible)
Vint hélas la journée
La fin… ou le début »
En regardant la table des matières nous savons que nous avons toute une vie, une journée, une année et ses quatre saisons, un cycle sans fin… Nous apprenons que l’auteur aime les jeux de mots et enfin joue avec des références littéraires dans une écriture toute simple, presque naïve, pleine d’humour

Presque au hasard, un poème dont la longueur est dans la moyenne.
« Le "petit matin" ! Dès sa naissance, le matin est. Même si le "grand" matin marche sur de semblables eaux. Mais "grand matin" sent la campagne. L’air bleu. Le ciel sans fin. Chasse à courre de nobliaux se croyant supérieurs à la lumière qu’ils poursuivent… Quant au "bon" matin ! Le matin a-t-il un jour pardonné quoi que ce soit à qui que ce fût ?… La langue existe pour nous consoler d’être nés. C’est déjà beaucoup. »
Tout y est, une sorte de naïveté ou d’évidence, jeux de mots sur les expressions et les adjectifs, rythme des phrases simples et à la fin en une sorte d’aphorisme, la référence à la langue qui permet la poésie.

Un dernier pour la route.
« Un coup de clairon. Je ne sais si l’on joue encore beaucoup de clairon aujourd’hui – même la diane a déserté la cour des casernes. Mais le soleil ce matin me fit penser à un coup de clairon. Par le vasistas du cabinet de toilette. Éclat rouge et violent. Spot qui s’allume au théâtre… Rendu sur place (jardin), la musique perdit de sa brutalité. Je remontai. Une belle journée était en train de s’accorder, clairon perdu dans la partition. »
Cela commence par une expression, puis continue par une référence à Baudelaire pour se poursuivre sur le militaire (« rouge et violent ») et se terminer dans le spectacle musical où le clairon est perdu dans l’orchestre, dans le poème.

Un recueil qui est un petit bijou de jeux avec la langue, de merveilleux poèmes comme les yeux du ciel. « T’as de beaux yeux, tu sais ! »

Michel Lansade 
(24/09/26)    



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Poésie








La rumeur libre

114 pages - 18 €




Jean-Claude Martin,
né en 1947, poète et nouvelliste, est l'auteur d'une trentaine de livres.


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