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Christophe PENALAN

L’Ogre de Red Creek


Le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres, du moins dans un premier temps.
Le malheur, ici, en Virginie-Occidentale, c’est la mort d’un jeune garçon tué selon un rituel qui pourrait évoquer la communauté amérindienne : des peintures de guerre sur le visage et un coup de hache dans le dos.
Le bonheur, c’est la possibilité pour Andrew, un garçon rejeté et harcelé, de devenir populaire grâce à l’achat d’une caméra et à sa détermination de mener l’enquête pour trouver le coupable de ce terrible assassinat, ce qui, bien sûr, n’est pas sans risque…

Andrew envisage de tourner un documentaire sur le lycée et ses diverses activités, notamment les équipes de foot et de basket. Les sportifs sont parmi les élèves les plus populaires et leur ego les pousse à accepter l’idée d’un film qui les mettrait en valeur. Andrew décide d’élargir sa proposition en évoquant l’incompétence de la police qui n’a pas avancé en ce qui concerne la mort du garçon assassiné. « Si on menait l’enquête et qu’on filmait tout ? On pourra tout enregistrer : nos conversations, nos réflexions, nos pistes, nos indices… Ce serait un peu comme jouer au Cluedo mais grandeur nature ! » Mais personne n’est prêt à le suivre…

Quelques jours plus tard, un autre adolescent, Paul Ballantine, disparaît sur le chemin qui le ramène chez lui et qui longe la forêt de Red Creek. Les parents sont très inquiets et la police organise une battue pour essayer de retrouver le garçon.
Andrew revient à la charge auprès des lycéens en leur proposant de participer à la battue, discrètement bien sûr parce que la présence des mineurs n’est pas autorisée. Cinq garçons et deux filles acceptent de le suivre dans cette aventure…

À partir de là, le roman en chapitres alternés, nous permet de suivre d’une part l’enquête du shérif Campbell et d’autre part les initiatives de la petite bande menée par Andrew.

Le shérif pense que ces peintures indiennes et ce meurtre à la hache pourraient bien avoir un rapport avec les tensions qui ont eu lieu autour de la création d’une réserve dans la région. Il y a eu des exactions de part et d’autre entre les descendants des peuples autochtones et les opposants au projet. Mais qui aurait pu commettre ce meurtre ? Une vengeance indienne ou une provocation des opposants blancs pour faire accuser les "sauvages" ? L’auteur montre bien la façon dont les tribus ont été chassées de leurs terres et comment certains Blancs considèrent que les "Peaux-Rouges" « se sont soulevés contre un gouvernement qui leur avait tendu la main et qu’ils ont massacré des milliers de bons et loyaux concitoyens ». Dans cette région du Nord-Est des États-Unis, les blessures n’ont pas toutes cicatrisé.

Du côté des ados, on en apprend un peu plus sur les membres du groupe, leur situation familiale, les relations garçons-filles, leur positionnement dans la hiérarchie du lycée, leur niveau de popularité ou de suivisme… Et on voit comment Andrew, grâce à sa caméra et à sa détermination, passe du statut de harcelé à celui de meneur.  Il veut absolument démasquer l’ogre de Red Creek au risque d’approcher des personnages dangereux.

Christophe Penalan construit un beau suspense avec des scènes de poursuites en forêt qui font froid dans le dos et des initiatives risquées dont les ados ne sortiront pas tous vivants.

Serge Cabrol 
(20/04/26)    



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Noir & polar








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Christophe Penalan
est reporter sportif au journal Ouest-France. L’Ogre de Red Creek
est son deuxième roman.