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Alejandro G. ROEMMERS


Le Mystère du dernier Stradivarius


Le parcours dans le temps et dans le monde d’un violon fabriqué par Antonio Stradivari en 1737. En trois siècles, le magnifique instrument a connu une existence aussi riche que chaotique. Nous suivons son aventure en alternance avec l’enquête autour de la mort de son dernier propriétaire.

Le roman commence en octobre 2021 au Paraguay. Areguá est une petite ville agréable et fleurie, à une trentaine de kilomètres de la capitale Asunción, mais pour le commissaire Tobosa et le sergent Gutiérrez c’est le lieu d’un horrible double meurtre. Un antiquaire, attaché sur une chaise, a été torturé et achevé d’une balle de pistolet. Sa fille de quatorze ans a été tuée dans sa baignoire mais sans violences sexuelles.
L’auteur indique dans un avertissement au début du livre : « Ce récit totalement imaginaire part d’un fait réel : l’assassinat brutal du scientifique, archéologue, musicien et luthier allemand Bernard Raymond von Bredow et de sa fille de quatorze ans, Lorena Lydia von Bredow, survenu le 22 octobre 2021 dans leur maison d’Areguá à quelques kilomètres d’Asunción au Paraguay, dont la cause a été rattachée au vol des violons Stradivarius en leur possession. »
Ici les noms sont changés, l’antiquaire s’appelle Johann von Bulow, sa fille Diana, et l’enquête sur leur mort est une fiction tout à fait plausible.

Au deuxième chapitre, nous nous retrouvons en 1737 à Crémone, dans le nord de l’Italie, où le célèbre luthier Antonio Stradivari termine son dernier violon et se pique le bout du doigt pour le signer avec son sang.
Dès lors, ce violon est considéré comme "magique". « Il est prétendument capable de préserver, de sauver de l’horreur celui qui l’avait en sa possession. On raconte qu’il a traversé les siècles en protégeant ceux qui le possédaient en les menant vers la lumière. »
Après la mort de Stradivari, nous allons voir son dernier violon changer de propriétaire au fil d’un parcours percuté par les soubresauts de l’Histoire.
Un soir, dans une obscure taverne de Crémone, le mystérieux et séduisant Giacomo Casanova est abordé par un ancien apprenti de Stradivari qui lui propose le précieux instrument. Casanova l’achète et, à la fin de sa vie, le revend.
Le dernier Stradivarius a poursuivi son chemin, volé ou vendu, selon les cas, au fil des époques dont l’auteur rappelle les contextes historiques. La mise à sac de Venise par les troupes de Napoléon en 1797. La première d’Aïda où des frères jumeaux ont joué pour Verdi sur le Stradivarius. Une épidémie de choléra à Venise. L’attentat contre l’archiduc François-Joseph à Sarajevo en 1914. L’arrivée au pouvoir de Mussolini. L’arrestation et la déportation de Juifs et de communistes italiens à Trieste…
Tout cela en chapitres alternés avec le déroulement de l’enquête au Paraguay.

Comment le violon a fini par se trouver entre les mains de Von Bulow, par qui l’antiquaire a été torturé, tué, et sa fille assassinée, mystère et suspense…

On ne s’ennuie pas une seconde à la lecture de ce passionnant roman passant, de chapitre en chapitre, de l’histoire du violon au déroulement de l’enquête, les deux bien sûr finissant par se rejoindre. L’écriture, la diversité des personnages, la construction en alternance, la peinture des contextes historiques, tout est réuni et réussi pour nous offrir une très intéressante aventure littéraire.

Serge Cabrol 
(20/07/26)    



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Noir & polar







Alejandro G. ROEMMERS, Le Mystère du dernier Stradivarius
Métailié

(Mai 2026)
320 pages - 19,50 €


Traduit de l’espagnol
(Argentine) par
Albert Bensoussan








Alejandro G. Roemmers
né à Buenos Aires en 1958, est poète et romancier.