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Je me suis surprise à siffler : La narratrice de Congé Paradis a usé la patience de Simon, son compagnon, qui l’a mise à la porte. Pour ne pas dormir dehors, elle se réfugie dans un couvent qui accueille des hôtes. Cette désespérée du genre humain et surtout d’elle-même, se déteste et méprise tout le monde. C’est à travers les yeux de cette boule de haine et de colère que l’on découvre la vie du couvent. Le ton est cynique mais petit à petit les odeurs de propre, de lavande, de cire, de renfermé, les chants, les ateliers, les visiteurs « deux catégories ici : les perdus de la vie et les bourges », les parloirs avec Sœur Marie de l’Adoration, « Je l’appelle Ado », et surtout les confitures entament imperceptiblement la léthargie de la dépressive. Rien ne m’est tombé dessus. Ni chape, ni lumière, ni eurêka venu d’ailleurs. Je n’ai rien vu, pas d’ange. Aucune apparition que j’aurais traversée du doigt pour en vérifier la matière. Je n’ai jamais serré la main de Dieu, ni ne l’ai eu au bout du fil. Pour être exact, je n’ai rien senti. […] J’étais au fond du trou, et la paix m’a été donnée, la paix du corps d’abord, la paix de l’intérieur. On lit avec plaisir cet ironique retour à la vie de celle qui, secouée par la patience et la lucidité de sœur Ado, finit par vouloir chanter d’exaltation, ce qui ne m’est jamais arrivé, d’être exaltée, jamais je ne l’aurais imaginé. Sylvie Lansade (05/08/26) |
Sommaire Lectures ![]() Cerf (Mai 2026) 192 pages - 14 € |
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