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Valentin SPITZ

Le petit chien thérapeute


« Il y a les amoureux des animaux, et les autres qu’on reconnaît facilement : ce sont ceux à qui l’on dit "mon chien est mort", qui répondent qu’ils sont désolés… et passent à autre chose. On ne peut pas leur en vouloir : ils ne savent pas. Moi, je ne veux pas passer à autre chose. »
Après le décès de Google (2011 était l’année des noms commençant par G et Good Luck of Woodville ne convenait pas à l’auteur), Valentin Spitz décide de lui écrire pour revivre tous les événements de leur vie commune pendant les quatorze années qu’ils ont passées ensemble. Le livre est donc écrit à la deuxième personne.

Au début, il y a eu le voyage chez Wendy, l’éleveuse de Cavalier King Charles. « Tu es apparu avec ton frère. Lui, blanc taché de brun ; toi, noir et feu. Vous étiez minuscules, presque des hamsters. Wendy m'a mis ton frère dans les bras : il s'est agité, a bondi au sol, furetant déjà partout. Toi, dès que tu t'es trouvé sur mes genoux, tu m'as regardé, puis tu t'es endormi.
Il n'y avait rien à dire. Et pourtant, si l'homme ressemble à son chien, c'est à ton frère que je ressemblais : vif, agité, insatiable. Mais toi, dès ce premier instant, tu m'as calmé – et tu n'as jamais cessé. »

En 2011, Valentin Spitz était journaliste de radio et de télévision, toujours hyperactif et débordé. « Toi, tu observais tout ça d’un air tranquille. »

De 2013 à 2017, Valentin Spitz reprend des études et devient psychothérapeute. Lorsqu’il reçoit ses premiers patients, Google l’accompagne. Leur vie change. Contrairement aux premières années, ils ne se quittent plus de la journée.

Ce qui est particulier à ce livre, et qui lui donne son titre, c’est la façon dont Google se comportait pendant les séances.
« Je t’ai installé un coussin sous le fauteuil qui serait le mien. Tu t’y es couché comme si tout cela était parfaitement normal. »
La première séance a commencé par un grand silence. « La patiente a commencé à transpirer, des larmes perlaient au coin de ses yeux. Moi, j’étais bloqué. Incapable de dire quoi que ce soit. C’est alors que tu es sorti de ton coussin. Tu t’es approché d’elle. Elle a abaissé la main et tu l’as léchée, longuement, dans le silence. Tu as frotté ta tête contre son poignet, tu t’es collé à elle. Et les mots, les tout premiers, sont venus. Elle a commencé par nous parler de son chien, puis de tous les chiens de sa famille : leur naissance, leur caractère, leur mort. Enfin, elle m’a confié sa vie et la raison de sa venue. Sa souffrance, jusqu’alors indicible.
J’ai su ce jour-là que je ferais ce métier, que ce serait difficile, mais que c’était ma place. Grâce à toi. »

L’auteur évoque tous les moments passés avec Google, les promenades (y compris grâce à lui dans les rues désertes de Paris pendant les confinements de la Covid), son élégance, sa façon de manger, ses problèmes de santé, son attitude à la naissance des enfants mais il ne peut s’empêcher de ressortir des dossiers de patients pour lesquels Google a joué un rôle important et c’est ce qui constitue un des grands intérêts de ce livre. Pascal, Simone, Elisabeth, Gabriel, Juliette, Augustin… Des cas très différents et, à chaque fois, la façon dont Google intervient, à sa manière, quand il le faut…

Un exemple avec Sandra.
« Dix ans. Phobie scolaire. Petite fille mutique. Elle venait avec un ours en peluche qu'elle posait sur le divan, sans rien dire.
Lors d'une séance, tu es monté à côté d'elle (comment faisais-tu, toi si petit ?). Tu t'es collé au doudou et tu as jappé très doucement. Dès lors, elle apportait à chaque séance un doudou différent pour que tu le rencontres. C'est ainsi qu'elle m'a confié être harcelée, et pour ça qu'elle ne voulait plus aller à l'école. »

Un livre tendre et émouvant où l’auteur exprime tout son amour pour Google et au-delà toute son admiration et son respect pour son « petit chien thérapeute » et pour tous les chiens aidants et soignants. « Partout la médiation animale s’étend. On parle désormais de "levier thérapeutique complémentaire", de "biocommunication émotionnelle". Les mots sont nouveaux, mais la pratique, elle, est ancienne : tu la portais déjà en toi. Tu l’incarnais sans le savoir. »

Un bel hommage à ces années de complicité avec Google en particulier et à la relation entre l’humain et l’animal en général.

Serge Cabrol 
(25/06/26)    



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Arléa

(Mai 2026)
128 pages - 17 €










Valentin Spitz,
journaliste et écrivain, est aussi psychothérapeute
et psychanalyste.