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Tine LACLOS

Les enfants d’Ossibova



ILS sont venus prendre mon père et lui attacher les mains dans le dos pour le mener à Hévina-yama. ILS ont tout emporté ou détruit. ILS obéissent aux ordres de quelqu’un qui crie toujours affreusement fort dans les oreilles. ILS poursuivent des idées très prétentieuses qui se voient de loin sur leurs visages. ILS se ressemblent tous avec leurs habits semblables. C’est cet habit qui les rend idiots au point de brûler les maisons des autres […]

Une fable horriblement belle et poétique sur notre monde et la permanence de la violence, de la guerre, de l’exil.

Nous voyons à travers les yeux de deux enfants perdus, seuls, qui se croisent au bord de la mer, partageant leur détresse, essayant de survivre aux adultes qui tuent et détruisent tout autour d’eux.

On est en Ukraine, à Gaza, en Syrie, à Beyrouth, au Darfour, on ne sait et peu importe, peu importe aussi la langue que parlent Dinko échappé d’un camp de concentration et la petite Snyeg qui a vu brûler sa mère dans la pinède incendiée et son père emmené les mains attachées dans le dos par les « hommes-tremblement-de-terre ».

Dans mon pays de mer et de soleil, quand ILS arrivent quelque part, les hommes-tremblement-de-terre détruisent tout sur leur passage. Ces hommes-là, que l’on croise partout, emmènent parfois les enfants, parfois les pères. Lorsqu’ILS emmènent les pères, ILS leur tirent d’abord une balle dans le cœur avant de les jeter au fond d’une fosse qui touche les enfers. Ces pères-là ne reviennent jamais.

Un livre court, très dense, qu’on lit le cœur lourd, qui fait écho aux massacres des siècles passés et à ceux d’aujourd’hui. Un espoir cependant demeure, quand Dinko, recueilli et réconforté par de vrais êtres humains, accepte de jouer à nouveau.

Sylvie Lansade 
(05/11/26)    



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La Contre Allée

(Août 2026)
114 pages - 16 €





Tine Laclos