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Gérard LECAS


Deux balles


            « Afghanistan-vallée de la Kapisa, janvier 2013 ». Willy et Vincent Castillo partent en opération avec comme traducteur Hamid, un frère d’armes de Vincent. «Le soleil se réfléchit sur un objet métallique posé sur le sol à quelques mètres de Vincent. Le canon d’un Famas. Vincent lève brusquement la tête en direction de l’endroit où devrait se trouver Willy, dix mètres au-dessus de lui […] Etalé sur le ventre, les membres dispersés, un pantin fracassé au sol par un gamin rageur. »

            « Marseille, juin 2013 ». Willy, paraplégique, est en fauteuil roulant et Vincent, sous tranquillisants, vient lui rendre visite à l’hôpital. Ils ont un projet, acheter un food-truck faire la côte d’azur et passer l’hiver à La Réunion où Willy a sa fiancée, Marion. Enfin, c’est surtout Vincent qui a ce projet car Willy, lui, voit mal l’avenir…

            « Ensuite, il y a un long silence. Vincent erre dans un brouillard mental, incapable de se raccrocher aux branches de l’amitié, un truc où l’on partage les joies et les souffrances mais qui dans certaines circonstances, s’avère cruellement insuffisant.»

            Vincent se rend à Aigues-Mortes retrouver son père, Gilbert, qui tient un hôtel. Là, il retrouve les chambres bondées de migrants, son père qui se laisse aller et ne maitrise plus rien, Jordan, son cadet petite main d’un trafic organisé, Hamid, son frère d’armes en exil, devenu le traducteur auprès des migrants et Denis l’ainé qui tient un bar et semble trafiquer.

            Mais voilà, sa chambre est occupée par Hamid et des migrants, comme s’il n’était pas attendu, Jordan a un comportement bizarre et Denis l’entraine dans un trafic. Finalement c’est pas si joli que ça la famille…

            La guerre en Afghanistan, l’exploitation des migrants, les trafics odieux et la dérive de Vincent sous Lexomil : « Vincent est inconfortable, dans son corps et dans son esprit. Il n’ose pas regarder la jeune femme à ses côtés, alors il observe par la vitre les rues qui défilent. Un paysage sans intérêt qui passe et ne reviendra jamais. Tout comme sa vie… »

            Un bref polar incisif et noir comme une lame qui ripe sur le fer, émet un grincement qui fait mal aux dents. Du noir sans espoir.

Michel Lansade 
(01/07/20)    



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Noir & polar









Gérard LECAS, Deux balles
Jigal Polar
(Février 2020)
216 pages - 18,50







Gérard Lecas,
né en 1951 Paris, romancier, traducteur
et scénariste pour la télévision, est l'auteur d'une douzaine de livres.


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