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Ahmed KALOUAZ


Le violon de Scarlet


Les vingt-trois courtes nouvelles sont de petites tranches de vie emplies d’émotions, de voyages, de rencontres, de sentiments qui naissent, de fulgurances qui parfois bouleversent le cours d’une vie. La nature est présente et joue aussi un rôle essentiel.

L’écriture très poétique, emplie de douceur et de tendresse, crée une harmonie apaisante au recueil même si parfois les souffrances existent comme les pertes, les séparations, les problèmes de santé.
« La vie, c’est de la tendresse qui se consume. »

Les mots en suspens révèlent toute la force des non-dits. Beaucoup d’implicite au fil des textes témoigne de la complexité des relations.
« L’écriture, c’est un carnet, un stylo, et l’encre dans les yeux d’une femme. »

La musique, l’écriture, les livres, le théâtre, les concerts, les librairies sont présents et peuvent être l’occasion de rencontres. Les bords de l’Ardèche peuvent aussi mener à une balade en canoë et peut-être à plus… Être berger est l’âme de toute une vie où le rêve prend aussi sa part. Se mobiliser pour défendre une femme violentée par son compagnon, retrouver le lieu d’un premier amour ou se situer dans les prémices d’une rupture, s’occuper des autres pour les soigner, se sentir attiré par le luxe d’un restaurant et de ses paillettes, se retrouver face à une classe pour parler littérature, assister au désamour de ses parents, suivre des acrobates avec tous les risques du métier, une chute qui peut aussi permettre de rencontrer une infirmière, les problèmes de santé qui s’invitent et insistent parfois sont « La beauté du monde » offerte par Ahmed Kalouaz. Ces thèmes du quotidien prennent vie d’une façon très poétique sous sa plume.

« Un jour, il y a longtemps à présent, un promeneur s'est arrêté un long moment près de lui. Un amoureux du paysage et de la marche qui portait toutes les terres du monde sous ses semelles. Il avait arpenté les continents, les sables des déserts, des contrées où rien ne pousse, mais aimait par-dessus tout, venir passer quelques jours au milieu de ce tableau qu'il ne trouvait nulle part ailleurs. Il lui avait souvent parlé de Mongolie et de vie nomade, de noms de villes aussi. Il se souvient d'Oulan-Bator. C'était un peu long pour appeler un chien ainsi, alors il s'est dit qu'un jour, le prochain chiot répondrait au nom de Bator. Les autres ont tenu assez longtemps pour terminer l'aventure avec lui. »

« Des draps aussi, avec dans les angles, des initiales de rouge brodé. Celles de ma mère. Il les avait gardés pour s'y rouler peut-être, y promener son visage comme s'il touchait ainsi un peu sa peau. Vingt ans de vie à caresser ce tissu, alors que ma mère dormait à dix mètres de là, presque de l'autre côté de la cloison. Il était dit qu'ils emporteraient avec eux leur secret, cette brisure du verre impossible à recoller. Leur mort, espacée de trois mois, comme une réconciliation, une envie de ne pas s'éloigner l'un de l'autre. Le murmure d'une voix chaude qu'ils avaient gardé au bout des lèvres tant de fois. »

La nature, l’amitié, l’amour, la solidarité sont des éléments essentiels de la vie, et même si la nostalgie s’immisce au cœur des lignes l’espoir ne disparaît jamais. Est-il nécessaire de tout dire pour se faire comprendre ? Le lecteur a son rôle à jouer dans ce très délicat recueil de nouvelles.

Brigitte Aubonnet 
(19/03/21)    



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Lectures







Ahmed  KALOUAZ, Le violon de Scarlet
Le mot et le reste

(Février 2021)
120 pages - 13







Ahmed Kalouaz
vit dans le Gard.
Il écrit des nouvelles,
de la poésie, des romans,
du théâtre...



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