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Jean-Paul LE DENMAT


La nuit des ombres



C’est une étrange histoire, pleine de meurtres, de secrets de famille et d’agissements mystérieux, qui se joue entre la Bretagne et le Gard et qui tient le lecteur en haleine grâce à la détermination et au courage de ses personnages principaux prêts à tout pour faire émerger des vérités cachées sous des décennies de mensonges.

Tout commence en août 2004 par un violent orage à Pontivy dans le Morbihan. Des pluies diluviennes dévalent du côteau vers le centre-ville emportant tout sur leur passage, y compris une Mercedes dans laquelle un homme violait une très jeune fille. La voiture est soulevée et jetée dans le canal. L’homme parvient à s’extraire du véhicule.

Le lendemain, près d’Uzès dans le Gard, sur une route sinueuse, un autocar est pris pour cible par un sniper. Un pneu éclate, le lourd véhicule fait une embardée vers le ravin mais le chauffeur parvient à contrebraquer et achever la course folle contre les rochers. Un mort et plusieurs blessés mais le bilan aurait pu être pire.

Toujours près d’Uzès, Caroline est en vacances dans une bastide isolée avec son compagnon, Victor Catros, député-maire de Pontivy, qui doit immédiatement rejoindre en hélicoptère sa circonscription dévastée par l’orage. La jeune femme partira en voiture tranquillement en passant voir une amie à Bordeaux. Mais à peine son compagnon a-t-il quitté la bastide qu’elle glisse dans l’escalier et doit appeler les secours. Le médecin diagnostique une luxation du genou et conseille la meilleure clinique orthopédique de la région, à Saint-Geniès, dirigée par une équipe de spécialistes.

Peu à peu, tous ces événements vont se relier de plus en plus étroitement pour composer un écheveau très mystérieux.

À la clinique, Caroline est hospitalisée dans la chambre 213 avec Solange Aubin, une victime de l’accident d’autocar. Caroline est placée sous calmant mais entend des bruits étranges pendant la nuit autour du lit de sa voisine. Le lendemain, elle apprend le décès de Solange.

Le lecteur, lui, partage aussi les émotions de ceux qui commettent les meurtres, des personnages qui craignent la déception ou la colère du Grand Maître, la Voix, qui dirige une société secrète, le Cercle.

Caroline est choquée par cette nuit à la clinique alors qu’elle est déjà sujette à des cauchemars depuis l’enfance où elle voit des hommes avec des masques blancs autour d’un lit. Des cauchemars qui pourraient bien être des souvenirs enfouis. L’histoire familiale est pleine de silences qu’elle va s’efforcer de combler.

Son frère, Jérôme, policier municipal à Pontivy, mène l’enquête sur la fillette noyée dans la Mercedes et découvre qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé de pédophilie. Là aussi de troubles personnages craignent la colère du Grand Maître et, pour certains, la punition n’est pas longue à venir.

À la clinique de Saint-Geniès, nous accompagnons aussi Fernand, l’homme à tout faire de l’établissement, totalement dévoué et disponible nuit et jour depuis la mort de sa femme et de ses filles dans un accident six ans plus tôt. La nuit, alors qu’il fume pour meubler ses insomnies, il remarque des mouvements, sur le parking ou dans le bâtiment. Mais, après tout, cela ne le regarde pas. Jusqu’à ce qu’un stagiaire lui parle d’un dossier portant le nom de sa femme, Irène, le grand amour de sa vie. En voulant en apprendre davantage sur le décès de son épouse, Fernand va découvrir de bien étranges agissements…

Caroline, Jérôme, Fernand, et d’autres encore, sont déterminés à faire toute la lumière sur les événements qui les obsèdent malgré les meurtres perpétrés autour d’eux et les risques qu’ils n’hésitent pas à prendre. Face à eux, les forces du mal semblent redoutables, bien équipées et bien entraînées à tuer, n’ayant d’autre crainte que de décevoir le Grand Maître.

L’auteur réussit là un roman captivant, en alternant les points de vue de tous les personnages, bourreaux et victimes, tueurs et enquêteurs, en nous plongeant peu à peu dans une atmosphère de plus en plus lourde, où le passé ne cesse de remonter à la surface d’un présent bien complexe malgré les efforts de certains pour éviter les résurgences, quittes à effacer toutes les traces mettant en danger les activités secrètes du Cercle et de son Grand Maître. Une écriture vive et efficace, des chapitres courts qui nous font sans cesse passer d’un personnage à un autre et voyager entre Pontivy et Uzès, des situations qui se croisent et se télescopent, autant d’éléments qui entretiennent le suspense et captivent le lecteur jusqu’à la dernière page. Encore une belle initiative des éditions Palémon avec ce deuxième roman d’un auteur à suivre…

Serge Cabrol 
(21/06/21)    



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Noir & polar








Palémon

600 pages - 10













Jean-Paul Le Denmat,
né en 1953, habite en Bretagne. La nuit des ombres est son deuxième roman chez Palémon.