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Rachel CORENBLIT


Sortir du placard


Une fille est-elle obligée d’aimer les garçons ? Il y a des évidences qui, un jour, se transforment en questions. C’est ce qui arrive à Rita lorsque, dans un café, sa mère lui lance en parlant du serveur :
« – Mais comment il est trop beau, celui-là ! Rita, tu as vu comment il t'a regardée ?
Voilà. Elle n'a pas pu s'en empêcher.
Il l'a entendue. Le couple à la table voisine l'a entendue. La terre entière l'a entendue. Même Dieu a entendu.
C'est peut-être pour cette raison qu'elle parle si fort, pour que Dieu s'en mêle. »
Rita ne sait plus où se mettre, elle a horreur de ces réflexions que sa mère adore.

Devant la gêne de Rita, Nathalie, une amie de sa mère ajoute :
« –Peut-être qu'elle ne les aime pas ?
– Quoi ? a demandé ma mère.
– Ben, les garçons...
Sur le coup, ça m'a sciée. […]
"Rita n'aime pas les garçons."
Dans ma tête, une explosion.
Ce n'est pas qu'une image. J'ai eu la sensation d'avoir mes idées éparpillées dans tous les recoins de ma cervelle, projetées à mille à l'heure contre les parois de mon crâne. Un fracas silencieux et invisible. »

Et voilà comment Rita, à dix-sept ans, découvre qu’en fait, oui, c’est vrai, elle n’aime pas les garçons. Deux fois, elle a eu l’occasion d’embrasser des garçons et ça n’a jamais été avec plaisir.

Une fois rentrée à la maison, elle avoue à sa mère que Nathalie a dit vrai : elle n’aime pas les garçons. Ce qui surprend la mère, c’est de ne pas s’en être aperçue plus tôt.
« – Pourquoi ne l'ai-je pas vu avant ? Comment ai-je pu être aussi aveugle ? Comment ai-je pu te côtoyer sans te com­prendre ? Pourquoi suis-je aussi bête ? »

Ses parents étant séparés, Rita veut aussi l’annoncer à son père qui est maintenant remarié et père de deux petites filles. Sa réaction à lui est de culpabiliser :
« – Si, c'est ma faute. Je suis parti trop tôt dans ta vie. J'aurais dû être davantage présent. Être à tes côtés, vivre ton quotidien. Te permettre de te structurer en toute sérénité.
Il s'est dirigé vers le buffet, en a sorti une bouteille de vin et s'est servi un grand verre.
– J'ai toujours su que ça allait me retomber dessus, d'une manière ou d'une autre. Mais je ne pouvais plus rester avec ta mère. Si j'avais pu, je t'aurais prise avec moi. »

Rita va aussi en parler à Dimi son meilleur ami avec qui la relation est sans ambiguïté et puis avec ses grand-mères et les réactions sont toujours amusantes (grâce à l’humour que l’autrice sait mêler à son écriture) et intéressantes à observer.

Mais bientôt une autre question vient s’ajouter à la première. Elle n’aime pas les garçons, soit, mais aime-t-elle les filles ?

Voilà un court roman (une cinquantaine de pages, c’est le format de la collection) qui permet d’accompagner une adolescente dans ses questionnements et ses découvertes sur elle-même, un livre susceptible d’intéresser beaucoup de lecteurs en quête d’identité et au-delà, beaucoup de lecteurs curieux du fonctionnement de ceux et celles qui les entourent. Avec humour et pertinence, Rachel Corenblit poursuit une œuvre déjà riche de plusieurs dizaines de titres…

Serge Cabrol 
(11/05/22)    



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Jeunesse








Nathan

Collection Court toujours
(Avril 2022)
64 pages - 8












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