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Gérard GLATT


Juste avant l’Espérance


Dans ses précédents romans, Gérard Glatt nous a emmenés dans diverses régions dont la Bretagne où nous retournons ici. Il a aussi abordé certains sujets comme le rapport père-fils ou la maladie mentale qui sont à nouveau évoqués mais de manière très différente, évidemment.
Au cœur de ce roman familial, il y a un homme, Antoine, une maison, La Longère, et beaucoup de mystères bien enfouis dans le passé.

Antoine, éditeur parisien de soixante-cinq ans, est confronté dès les premières lignes à un événement peu banal qui va le plonger dans la douloureuse découverte des secrets de famille.
« Ce matin, j'ai reçu une lettre. Sur l'enveloppe, j'ai reconnu l'écriture de mon père. J'en ai été étonné, ou plutôt surpris, parce que mon père est mort il y a maintenant trois semaines. »
Ce mystère-là sera expliqué plus tard mais le contenu de la lettre est aussi surprenant tout en restant sibyllin. Il faut dire qu’Antoine et son père ne se sont pas beaucoup vus ces vingt dernières années.
« Depuis la mort de ta mère, on a vécu chacun de son côté, et nous ne nous en sommes pas plus mal portés. Seulement, voilà, je me suis parfois fait tirailler la manche par des choses que j'aurais voulu te dire, moi vivant, plutôt que dans la tombe. Mais je n'ai pas pu, ou je n'ai pas su. Alors, nos petits secrets, à ta mère et à moi, j'ai laissé le soin à La Longère, notre belle maison, de te les conter à ma place. »

De quels « petits secrets » parle-t-il ? En quoi concernaient-ils sa mère morte depuis vingt ans ? Comment la maison de Bretagne pourrait-elle les lui révéler ? Le père n’en dit pas un mot. Si Antoine veut en savoir plus, il faut qu’il se débrouille sans lui…

Cette maison susceptible de receler des secrets de famille a une histoire qu’Antoine revisite pour mieux la comprendre.
« Quand mes parents se sont mis en quête d'une maison où nous pourrions passer nos week-ends et nos vacances, j'avais tout juste treize ans, j'étais en quatrième. »
L’idée, au début, était de trouver une maison dans un rayon de deux cents kilomètres pour y aller régulièrement. Ils avaient donc cherché dans l’Yonne, la région natale de Colette, l’écrivaine que sa mère a bien connue, comme Antoine le découvrira parmi les "petits secrets".
Mais ils n’ont pas trouvé dans leur budget si près de Paris et c’est finalement en Bretagne à Saint-Coulomb, entre Saint-Malo et Cancale, qu’ils ont poursuivi leur quête.
Pourquoi Saint-Coulomb précisément ? Parce que c’est là que Colette et Missy ont acquis la villa Roz-Ven où l’écrivaine a passé tous ses étés de 1910 à 1924 et a écrit plusieurs livres dont Le blé en herbe.
Mais ce qu’ont acheté les parents d’Antoine n’avait rien d’une villa.
« Au milieu d'un champ qui n'avait plus été cultivé depuis des années, d'un champ immense, entouré de haies basses, il y avait la ruine […]. Une ruine aussi superbe dans le gris plombé du ciel que ce champ de verdure que coloraient des myriades de fleurs et qu'autant d'oiseaux semblaient avoir colonisé. »
Auguste, le grand-père maternel d’Antoine, est aussi enthousiaste que son gendre. Ils vont restaurer cette ruine et en faire une magnifique longère, « une ferme, comme il y en a beaucoup en Bretagne, et en Normandie aussi. Un bâtiment bas, tout en longueur ».
La mère d’Antoine a fini par accepter l’idée et s’est chargée de la décoration intérieure. En deux ans, la ruine est devenue La Longère.  Et cinquante ans plus tard, c’est là que le père d’Antoine est mort, après s’y être installé au décès de son épouse.
En cinquante ans, La Longère en a vu et entendu des choses mais comment les raconter ?
Le notaire va déjà révéler des secrets importants et les étranges dernières volontés du père.
Et puis, Antoine va prendre contact avec le médecin qui connaissait bien son père et avec le couple qui assurait l’entretien de la maison, Josiane et Gaël. Il va, grâce à eux, apprendre beaucoup de choses sur le quotidien de son père.
La Longère a aussi des placards, des tiroirs, un garage, avec des cartons et même un classeur métallique fermé par un cadenas…

Parallèlement à cette quête familiale, on suit Antoine dans son travail d’éditeur et ses relations avec les membres de son comité de lecture. Antoine a reçu anonymement, dans sa boîte mail, un étrange roman dont l’auteur semble bien le connaître. Un mystère de plus !

Et puis, il y a aussi une histoire d’amour. Soizic. Rencontrée à l’adolescence dans une petite ville près de Saint-Coulomb, où son père était dentiste et sa mère orthophoniste. Une relation qui a duré quelques années. Et un jour, plus personne. Maison fermée, téléphone coupé.
Antone n’est jamais tombé amoureux d’une autre. « J'avais reçu un coup de massue sur la tête qui m'avait coupé toute envie. L'envie surtout d'avoir à déchanter encore. » L’écriture a pris la place dans son esprit : « écrire, écrire encore, dévoré depuis que j'étais au monde par cette nécessité d'aligner des phrases et des phrases, les unes derrière les autres. »

Gérard Glatt nous offre encore un beau voyage, en Bretagne cette fois-ci, et une histoire pleine d’émotions, de souvenirs et de mystères, avec sa dose de douloureux secrets, jusqu’à ce que La Longère devienne Espérance. Comment, pourquoi ? Il faut lire pour savoir…

Serge Cabrol 
(28/10/22)    



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Bonneton

(Octobre 2022)
308 pages - 17,90













Gérard Glatt, n en 1944, se consacre entièrement à l'écriture. Il a publié une vingtaine de livres.


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