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Fumiko HAYASHI

Vagabonde


Dans une passionnante préface d’une dizaine de pages, René de Ceccaty nous présente l’autrice de ce roman traduit en français pour la première fois. « C'est au cinéma et en particulier à Mikio Naruse (1905-1969) que Fumiko Hayashi (1903-1951) dut sa célébrité internationale posthume. Mais de son vivant déjà elle avait obtenu un immense succès critique et public dans son pays en racontant sa vie aventureuse de manière plus ou moins transparente. […] Cette intellectuelle atypique, dont le destin mouvementé et voyageur n'est pas sans rappeler ceux de Jean Rhys et de Joseph Conrad, était une grande lectrice de la littérature naturaliste, russe et française. […] Moment de lucidité aiguë, où elle est encore plus qu'en d'autres occasions consciente de son "vagabondage", qui dès lors ne prend pas la forme d'un échec qu'elle se reprocherait. Mais au contraire elle comprend que cette absence d'attache professionnelle, sociale, sentimentale est ce qui lui permet de s'atteindre elle-même, ce qui est, bien sûr, un danger, si la condition de cette authenticité de rapport de soi à soi est de passer par l'expérience de la solitude radicale. »

Vagabonde a été écrit en 1928. Fumiko Hayashi vit au Japon. Elle parle de son enfance et de sa vie de jeune adulte. Ses parents étaient séparés, enfant elle changeait souvent d’école mais elle a toujours été passionnée par la lecture. Elle vivait avec sa mère et son beau-père. Elle a souvent eu faim. Sa famille était très pauvre, elle a vraiment connu la misère. Elle a commencé à travailler jeune et a beaucoup changé d’activité avec des conditions de travail très dures.
« Pourquoi ? Pourquoi devrions-nous continuer indéfiniment à mener cette vie idiote ? Indéfiniment, dans l'odeur de celluloïd, une vie de celluloïd. Matin et soir, à vouloir étaler minutieusement ces couleurs fondamentales, enfermées dans cette usine coupée du soleil, comme des cafards, laissant bousiller notre santé et notre jeunesse, pendant des heures interminables à trimer. Rien qu'à voir les visages des jeunes femmes, j'étais déchirée de tristesse. »

Les relations charnelles sont aussi bien complexes. Face à la misère, les hommes n’hésitent pas à profiter de la jeune femme qui est parfois amenée à se prostituer pour subvenir à ses besoins.
Fumiko Hayashi a du mal à trouver du sens à sa vie. Elle est souvent triste et déprimée. La littérature l’accompagne mais le désir de disparaître l’habite régulièrement. L’écriture est un mélange de journal, de récit, de poésie. En effet, plusieurs poèmes apparaissent au fil des pages. Nous partageons le quotidien de cette jeune femme qui manque beaucoup de confiance en elle et se dévalorise souvent.

La forme littéraire de ce livre est très étonnante mais beaucoup d’émotions émerge du texte qui nous permet de découvrir la vie d’une jeune femme au début du siècle dernier au Japon.

Brigitte Aubonnet 
(12/10/22)    



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Lectures








Vendémiaire

(Septembre 2022)
180 pages - 20


Traduit du japonais
et préfacé par
René de Ceccaty










Fumiko Hayashi
(1903-1951)

Bio-bibliographie
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