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Aurélie MAGNIN


Timothée Brahms et les dingueries follement dangereuses des mondes possibles


Humour et fantastique, voilà deux mots qui donnent une bonne idée de la tonalité de ce roman. L’humour d’abord, dès les premières pages, et le fantastique plus tard, quand Thimothée séjourne chez ses grands-parents paternels dans une petite ville suisse pour des vacances dont il n’avait absolument pas envie mais au cours desquelles il va découvrir des secrets follement dingues.

Timothée n’aspire qu’à la tranquillité. Il se définit comme « un garçon de onze ans qui migre du canapé à son fauteuil "Sslurp" sans quitter son bouquin des yeux », un véritable imbécile heureux : « Imbécile heureux, je dirais que c'est un don (ancien réflexe d'optimiste) un défaut qui fait voir la vie en rose, qui fait sourire à ceux qui vous insultent en vous disant que le jour suivant sera meilleur.  […] Un imbécile heureux n'est pas forcément stupide, je dirais même sans me vanter : au contraire. Question QI j'en vaux deux comme toi (statistiquement, n'y vois rien de personnel). »
Les mots barrés, les parenthèses et les adresses au lecteur font partie de l’écriture de Timothée et participent au ton espiègle de ses remarques.

Timothée est fils unique. Sa mère « travaille dans le droit (des victimes, enfants, ours blancs, renardeaux, etc.) ». Son père « travaille sur la conception de robots ultra complexes faits pour avoir l'air super simples (ou le contraire) ». Ils sont toujours très occupés.
Avec l’arrivée des vacances, Timothée rêve de passer plusieurs semaines dans son fauteuil à dévorer les dix-huit volumes de la collection Enquêtes depuis les égouts mais ses espoirs sont anéantis quand il apprend que ses deux parents ayant des missions urgentes et indispensables, il va passer son été chez ses grands-parents paternels qu’il n’a pas revus depuis ses quatre ans.
C’est du moins ce que voudrait sa mère mais le père n’est pas d’accord et la conversation qu’entend Timothée en écoutant aux portes lui fait froid dans le dos.
« – Chez mes parents ? Tu veux laisser notre fils chez mes parents ? criait mon père.
– Il est temps qu'il les revoie, répliquait ma mère.
– Mais ce sont des fous ! s'est égosillé mon père. […] Tu connais les risques. Tu sais ce que j'ai vécu toute mon enfance avec eux et tu sais... Tu sais tout des dangers qu'ils lui ont déjà fait courir. […]
– Ils ne nous ont pas revus depuis sept ans. Ils ont eu 1e temps d'y penser. Tu les as assez punis.
– Punis ? Mais il ne s'agit pas de ça ! claquait-il. Il s'agit de la mise en danger de la vie de notre enfant !  Tu sais ce qu'ils lui ont fait. Ils étaient à un cheveu de le tuer ! Et ça se reproduira ! Ils n'ont rien arrêté du tout. Ils t'ont peut-être dit que c'était fini mais ils n'arrêteront jamais. »

Faute d’autre solution, la mère obtient gain de cause et Timothée se retrouve chez les grands-parents qui « étaient à un cheveu de le tuer » !
Évidemment, il est très inquiet, se méfie de tout et surveille tous leurs gestes.
De quoi parlait son père en disant qu’ils n’arrêteront jamais ?
C’est ce qu’il va découvrir peu à peu en menant une enquête tous azimuts avec l’aide d’une voisine de son âge, Claudine, une fille qu’il trouve un peu bizarre, qui semble dotée de pouvoirs étranges et que tout cela amuse beaucoup…

Au fil des pages et des recherches de Timothée, le roman va prendre une tonalité fantastique mais nous n’en dirons pas plus pour garder intact le plaisir du lecteur.

Par contre, ce qu’on peut garantir, c’est que ce roman est très drôle, que les réflexions, habitudes et propos de Timothée en font un personnage attachant et que les lecteurs ne s’ennuieront pas en suivant cette aventure riche en « dingueries follement dangereuses ». Quant aux « mondes possibles » évoqués dans le titre, motus et bouche cousue, il faut lire pour savoir…

Serge Cabrol 
(07/03/22)    



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Jeunesse









Thierry Magnier

(Janvier 2022)
240 pages - 7,40













Aurélie Magnin,
née en 1980 en Suisse, a déjà publié trois romans pour la jeunesse.