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Nadine POIRIER & Geneviève DESPRÉS


La case 144


Avec les craies que sa maman lui a offertes, Lia a l’idée de dessiner une immense marelle sur les trottoirs de sa ville afin de pouvoir s’y promener sans se perdre. À la manière du petit poucet, il lui suffit de remonter les cases pour rentrer chez elle. Elle projette ainsi de faire le tour complet de la ville. La case 20 se trouve juste devant le fleuriste, la 62 devant l’animalerie, la 115 devant la galerie d’art…
La fillette continue de tracer les cases, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’une craie.

Alors qu’elle s’apprête à entamer sa dernière craie, elle doit freiner son mouvement car un homme est assis sur le trottoir à l’endroit précis où Lia veut tracer la case 144. Un homme en haillons, sans chaussures et non rasé.
Lia est d’abord agacée, c’est son trottoir après tout.

Devant l’homme se trouve une tasse, et la fillette, avec toute sa candeur, s’imagine qu’il s’agit d’une tasse merveilleuse dont peut sortir un génie susceptible de réaliser son vœu le plus cher : avoir d’autres craies pour mener son projet à terme.
Alors, elle s’adresse à l’homme et commence à lui poser des questions, mais il semble sourd.

Quelle infortune !
Pour une fois qu’elle rencontrait le personnage d’un conte,
il fallait bien qu’elle tombe sur celui qui n’entendait pas bien !
se plaignit l’enfant.
Déterminée, elle tenta quand même sa chance :
– Je voudrais une grosse boîte de craies.

L’enfant ne perd pas espoir et revient chaque jour pour décider le génie à sortir. Trois feuilles transparentes illustrées insérées dans le livre traduisent subtilement la naïveté de Lia à ce moment du récit.

Au fil des visites, elle tisse des liens avec l’homme dont le regard se remet à briller. La crédulité de la fillette, quant à elle, s’estompe.
Un matin d’hiver, en arrivant, Lia découvre le vieil homme recroquevillé au sol, transi de froid, très affaibli.
Indignée, elle réalise la dure réalité de la vie de son ami. Alors, avec le petit morceau de craie qui lui reste, elle lui fait un fabuleux cadeau.

Le texte, très émouvant, est associé à de jolies illustrations, délicates et lumineuses.
Ensemble, ils évoquent, avec justesse et simplicité, une belle histoire d’amitié entre la fillette et le sans domicile fixe. Au fil des pages, Lia prend conscience de la situation dramatique dans laquelle se trouve son nouvel ami et va faire preuve à la hauteur de ses moyens, d’une grande générosité.

Voici un album poignant qui pose la question de l’intérêt qu’on porte aux personnes en difficulté, qui donne envie de dépasser les préjugés, qui donne envie d’aller vers autrui.
Un bel album à côté duquel il serait dommage de passer sans y prêter attention.

Cécile De Ram 
(22/04/22)    



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Jeunesse






Nadine POIRIER & Geneviève DESPRÉS, La case 144
D’eux

(Mars 2022)
Format19 x 27 cm
42 pages - 16

Dès 5 ans






Texte
Nadine POIRIER


Illustrations
Geneviève DESPRÉS









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