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Marie ROUANET

Émerveillements


Un tout petit recueil… "mais la valeur n’attend pas le nombre des"... pages !
« Être émerveillé c’est quoi ? » ce premier titre, après le préambule, et l’autrice de nous expliquer : […] « c’est imprévisible. C’est un jour comme les autres. Peut-être plus monotone. Et tout d’un coup, en regardant une chose, en permanence sous nos yeux (voir ce n’est pas regarder) on découvre enfin son originalité, sa beauté méconnue, son mystère. Et cela balaie en nous tout ce qui pèse »
J’aurais envie de dire, que ces textes différents, de forme et de propos, qui parlent de moments particuliers, parfois avec une apparente banalité, sont émouvants et d’une justesse piquante. Un moment rare.

Alors qu’il s’agisse de :« Ce coupe-papier dans ma main, jour après jour, qui peu à peu tiédit à la chaleur de la paume, remue une pensée vague, à la fois grandiose et effrayante : l’émerveillante saga de l’humanité, des commencements où apparaissent les dieux.
Jusqu’à ce bruit menu de fer ordinaire, qui coupe le papier. »
ou bien de sujets apparemment plus graves, car il y va de cette poésie sensible, comme si, tout en se laissant approcher, elle nous pénétrait déjà, s’emparant de notre esprit ou de notre cœur pour y laisser ses traces…
Car si certains textes dans ce petit recueil, touchent, sans que l’on puisse savoir où, ni pourquoi, c’est parce qu’ils seront le plus souvent proches de nos pensées ou de nos découvertes sensitives, parfois même à notre insu.

Alors il y aura ces phrases qui viendront sans crier gare, décider de promener par la main cette gravité avec cette soudaine légèreté.

Et que dire, après cela :
« Le narrateur ferme les yeux
et se voit en train de téter sa mère
et sa mère se voit en train de téter la sienne
et la sienne en train de téter la sienne
et ainsi de suite… dans un vertige des profondeurs éternelles, dans un amoncellement de seins remplis de lait.
Des origines de la vie,
jusqu’au futur où il ne sera plus.
Exactement l’inverse de la mort. »

Et puisque l’on retrouve au fil de cette soixantaine de pages toute la sensibilité de Marie Rouanet, on peut se rappeler que dans ses romans, on percevait bien ses touches de poésie, discrètes et bienvenues, et qui ont contribué à leur charme. Sa signature !

Et donc…
 « Vous citer une chose émerveillante ? Oui,
mais à faire frémir ! Les déserts.
Cette sorte de fumée
aux croupes des dunes
c’est le sable qui fuit plus
poussé par les vents
et offre aux pas, à chaque instant,
un sol encore vierge.

Anne-Marie Boisson 
(26/09/22)    



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Le Pommier

72 pages 8













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Marie Rouanet
est l’autrice de nombreux livres dont plusieurs ont été repris dans des collections de poche.


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de Marie Rouanet :
La nègre