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Jean-Pierre BROUILLAUD

Longue conservation


Octave souffre de syllogomanie. « Il faut tout garder. Je garde tout, sans sélection, sans tri, sans hiérarchie, sans préférence. Les choses qui possèdent une valeur sentimentale comme celles qui semblent a priori en être dépourvues (mais les apparences peuvent être trompeuses, car qui sait où se nichent les sentiments ?) ; les choses qui ont rendu l’âme comme celles qui paraissent la détenir encore. »

 Ainsi, il garde son vieux vélo alors qu’il vient de s’en acheter un autre, le ballon d’eau chaude qui fuit alors que le plombier lui en a installé un autre, de même pour le ventilateur, la cafetière, les journaux, les prospectus, les tubes de dentifrice terminés, les bulletins de caisse… Il conserve « au cas où ». Son appartement est plein, s’y déplacer un exploit.

Myriam, sa femme, le quitte ; son fils, Jérôme, s’éloigne de lui jusqu’à une rupture « molle ». Dans sa profession, prof de musique, un élève lui dit que « sa matière ne compte pas » et son principal lui dit de ne pas prendre toute la place dans la salle des profs. Plus il accumule, plus sa vie privée et professionnelle se délite et il répète presque à chaque chapitre « Je suis un homme heureux ».

Longue conservation est un court roman où pour Octave rien n’est périmé. Ce dernier essaye de donner raison à la déraison, une logique à la folie, ce qui lui donne une grande force de tragicomédie. On retrouve dans ce texte l’humour fin de ses précédents romans, des travers de la vie ordinaire et beaucoup de plaisir pour le lecteur.

Michel Lansade 
(07/08/23)    



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Chum

(Mars 2023)
168 pages - 20



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Les petites rébellions

Ma vie avec Contumace