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Julien DELPECH


Molière,
l’imposteur ?



Un titre choc pour une pièce où le poids des mots est savamment maîtrisé, savamment distillé.
Julien Delpech, son auteur et metteur en scène a effectué un travail remarquable en tout point.

Sa précoce vocation théâtrale, liée à une curiosité et une ténacité intellectuelles pointues, l’ont poussé à s’intriguer, puis à s’intriquer dans les coulisses du « mystère Molière ».

Il nous offre sous la forme d’une fresque mouvante et séduisante le fruit de ses recherches approfondies.

Les époques se croisent, s’entrecroisent, les vingt-cinq personnages apparaissent au gré de leur interprétation assurée par - seulement - cinq comédiens !

Le risque était grand d’étourdir, voire de déboussoler le spectateur... et bien, pas du tout !

Le déroulement de l’intrigue s’apparente à un ballet. Le jeu de chacun, juste, précis, bien rythmé, assure la clarté et la cohérence du tout.
Une mécanique aux ressorts bien huilés portée par un beau travail de troupe !

Comble de l’habileté, la sobriété toute minimaliste des décors crée parfaitement l’illusion recherchée.

La mise en scène, combinée à un support musical et costumier de choix, repose sur deux panneaux roulants manipulés par les comédiens. Il « suffit » de les orienter pour que soit créée ou abolie toute limite spatio-temporelle. Un univers entier créé presque ex nihilo !

Mais un univers plein de fougue, animé par une compagnie de jeunes comédiens, tous passionnés, tous convaincants.

Ils illustrent fort à propos la citation « Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années » d’un certain Pierre Corneille...

Molière, l’imposteur ?  Il n’est pas sûr que le spectateur ait envie d’enlever le point d’interrogation à l’issue du spectacle, il sera en revanche enclin à ne pas conserver le terme abrupt d’imposteur...

La pièce possède la vertu de démontrer que si arrangement avec la vérité il y a eu, le grand Molière reste Molière... Un précurseur du coworking, peut-être ?

L’union fait la force, dit-on à juste titre. Dans le cas présent, nous réglerons le litige en proclamant que l’union fait la Farce !

Catherine Arvel 
(04/03/20)    



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Une loge
pour le strapontin














Théo Théâtre

20 rue Théodore Deck
75015 PARIS








Mise en scène
Julien Delpech

Avec
Pierre Delcambre
Julien Delpech
Paul Morel
Prune Roussillon
Héloïse Werther






Compagnie
Gaîté Production