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FRANKITO

Olympe

avec
Firmine Richard


Le spectacle s’ouvre sur un morceau de violoncelle avec Olympe de Gouges assise sur un lit au milieu d’une cellule dont le mur est taché du sang des victimes.  La pièce se situe en 1793. Olympe de Gouges est aux fers depuis cinq mois. Elle a été envoyée au tribunal révolutionnaire par Maximilien Robespierre et enfermée car elle est à l’origine d’une affiche qui ne lui a pas plu. Elle a été traitée de folle car elle revendique une place pour les femmes dans cette période révolutionnaire. Elle attend son procès et se remémore aussi ses combats contre l’esclavage.
Magnifique prestation de Firmine Richard qui incarne parfaitement l’engagement et la révolte d’Olympe de Gouges face à l’injustice, l’inégalité, la manière dont les femmes sont invisibilisées, les violences faites contre les esclaves.
La déclamation d’Olympe de Gouges alterne avec des morceaux de violoncelle, de tambour et de voix ce qui rythme le spectacle. Des vidéos illustrent aussi le propos de la pièce qui rappelle ses divers engagements et sa détermination. Olympe de Gouges est prête à tout pour défendre la liberté d’opinion et de la presse qui est le plus précieux patrimoine du monde.
Elle a écrit une trentaine de pièces dont plusieurs sur l’injustice de l’esclavage. Elle a eu du mal à faire jouer l’une de ses pièces à la Comédie française qui n’est restée à l’affiche que pour trois représentations. Elle a été interdite et devenue la propriété de la Comédie Française pour ne pas être jouée ailleurs. Beaucoup de colons se sont mobilisés et opposés à cette pièce en disant que c’était une honte, une ignominie, une pièce incendiaire qui pourrait inciter les esclaves à se révolter dans les colonies.
Olympe de Gouges s’est mobilisée jusqu’au bout de sa vie pour défendre ses idées.
Si elle devait recommencer elle ne changerait rien à son parcours. Elle ne regrette rien.
La mort lui fait peur mais elle meurt innocente et donne sa vie pour ses idées.
« Messieurs, jugez-moi. La liberté ou la mort. »
C’est un spectacle fort et émouvant. La mise en scène sobre et efficace est très réussie. Le choix de mettre en lumière le rôle de la lecture et de l’écriture pour Olympe de Gouges permet de valoriser l’affirmation d’une femme face à ses détracteurs hommes qui considéraient que les femmes n’avaient pas à écrire.
Les femmes créatrices étaient très mal jugées. Le rôle de la femme devait se limiter à la sphère privée. Une règle qui, dramatiquement, existe dans plusieurs pays actuellement.
Voici un bel exemple d’une femme exceptionnelle qu’il est essentiel de valoriser dans une période où beaucoup d’acquis des femmes sont remis en cause dans plusieurs lieux du monde. Le combat n’est jamais terminé.
Merci encore à Firmine Richard pour cette magnifique interprétation, si forte et si juste.

Brigitte Aubonnet 
(19/03/25)    



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Chroniques
théâtrales








Studio Hébertot

78bis bd des Batignolles
75017 PARIS

Jusqu'au 6 avril 2025



Texte

Frankito

 

Mise en scène

Franck Salin

 

Avec

Firmine Richard

 

Musiciens

Edmony Krater

Eugénie Ursch

 

Production

Compagnie du

Grand Carbet