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Ça commencerait dans une chambre, une chambre qui serait une pièce, une pièce sur l’adolescence, cette adolescence où l’on a qu’une envie… passer sa vie au lit… à écouter les chansons de nos idoles, à réécrire l’histoire, à se construire notre propre monde. Cette pièce qui s’ouvre sous nos yeux, c’est l’imagination d’un adolescent, Sylvain, qui commence à éclore sur son lit. Thomas Blanchard prête ses traits à ce jeune garçon tout aussi timide que passionné, tout aussi ridicule que flamboyant quand il se laisse emporter par les chansons de Mylène Farmer. Cette chambre c’est une pièce dans la pièce de Thomas Quillardet. Une pièce, qui serait comme l’adolescence, comme une soirée pyjama, un festin bruyant, une aile qu’on ne doit pas froisser. Le rideau s’ouvre sur un miroir, celui de nos vies, avec cette main qui frappe à notre porte pour nous dire que la musique est trop forte, pour nous dire qu’on nous attend quand on voudrait n’y être pour personne, cette main qui se tend vers nous parfois, et que l’on refuse… car après tout, à quoi bon vivre quand l’Autre ne sait même pas que l’on existe. C’est ça, on est bien sur ce lit, on est là, on se revoit au même âge, à la fois invincibles, orgueilleux, et si fragiles… et on retient ses larmes. Oui dans À mots doux c’est bien nous que l’on touche du doigt, accrochés à un rien, à un mot, à des paroles qui nous portent dans les moments de la vie, ces paroles dont on attend parfois tout, et qui comptent plus que tout… peu importe qu’elles soient « neuneus » ou incompréhensibles, cucul ou licencieuses, pourvu, pourvu qu’elles soient douces. Amandine Farges |
Sommaire Une loge pour le strapontin ![]() Théâtre du Rond-Point 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris Texte et mise en scène |
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