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93

d’après le roman de
Victor Hugo


93, ici, ne veut pas dire 1793 mais 2093, ce qui explique une mise en scène futuriste avec des costumes et des armes plus proches de l’univers de Star Wars que de Fanfan la Tulipe. Sur un grand écran, une intelligence artificielle nous transmet les messages du « Comité de salut public, gardien de la révolution et protecteur du peuple ».

Cette nouvelle adaptation du roman de Victor Hugo respecte l’esprit du texte et met en scène les personnages créés par l’auteur.
1793, c’est l’année de la Terreur. La Révolution, menacée à l’extérieur par une invasion étrangère et contestée à l’intérieur par les monarchistes, veut imposer par la violence la poursuite de son œuvre libératoire. Mais il est toujours difficile de voir où se situe la limite entre libération et dictature, entre violence légitime et respect des droits humains, entre justice et liberté.

En 2093, la Société des Vivants impose sa loi, mais des dissensions existent entre Marat, Robespierre et Danton. Cimourdain, un ancien prêtre, et Gauvin sont chargés de mettre fin à la révolte dans la région de Saint-Malo où vient de débarquer Lantenac, reconnaissable à « ses habits de paysan avec des mains de technocrate ».

Comme chez Victor Hugo, dont le père était officier républicain et la mère issue de la bourgeoisie nantaise, les liens familiaux ou sentimentaux viennent compliquer ou contrarier les choix politiques. Gauvain, petit-neveu du marquis de Lantenac chez Hugo, est ici sa nièce et l’une est chargée de capturer l’autre pour qu’il soit guillotiné.

Victor Hugo a écrit le texte en 1874, après la Commune de Paris, et on peut y lire son interrogation sur la violence et son horreur devant la répression qui a fait des milliers de morts. Jusqu’on doit-on être fidèle aux valeurs qu’on défend ?

Cette adaptation de Sylvain Bastonero met bien en valeur tous les questionnements de Hugo et montre que ces réflexions se posent partout et toujours quand une partie de l’humanité veut imposer ses choix, aussi nobles soient-ils, au reste de la population. La victoire par tous les moyens, y compris la terreur.

Les cas de conscience ne sont pas éludés comme cette scène où la vie d’un enfant est en jeu et que Lantenac doit choisir entre se sauver ou le sauver et bien sûr quand Gauvain a capturé son oncle et que la guillotine arrive.

Les comédiennes et comédiens sont animés par un remarquable dynamisme, certains jouent plusieurs rôles avec toujours autant de fougue et d’enthousiasme. La mise en scène et les décors créent une ambiance anxiogène (notamment avec cette sinistre IA projetée sur écran) et un rythme soutenu permet, en une heure quinze, de rendre accessible au public les enjeux essentiels du roman de Hugo. Bravo les artistes !

Brigitte Aubonnet 
(13/05/26)    



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À la Folie Théâtre

6 rue de la Folie Méricourt
75011 PARIS

Jusqu'au 20 juin 2026



Adaptation
et mise en scène
Sylvain Bastonero

Avec
Thaïs Laurent
Charlotte Orsini
Alexis Tran
Samuel Hucault
Orianne Dumeny
Clément Pronost


Costumes
Lucie Melain
et Lylou Jacquet


Création lumière
Ylan Thanos

Scénographie
Julie Rouxel

Musique
Alexis Tran





Le spectacle sera présent au Festival d’Avignon du 4 au 25 juillet 2026