Retour à l'accueil du site






Joshua
LAFFONT-COHEN


Appelez-moi
Madame George Sand


Fracassante arrivée d’un homme, habillé en femme, qui débarque sur scène en affirmant qu’il est George Sand. Il apostrophe un spectateur du premier rang à qui il demande s’il est médecin et tout cela déstabilise le public avec humour et interrogations.

Le début de cette pièce est très original et des chants d’oiseaux accompagnent le spectacle qui éclaire George Sand sous un angle inhabituel, celui de la poétesse, moins connue que la romancière.

La mise en scène est très décalée, jouant sur l’humour et l’émotion, autour des colères et des brusques changements d’humeur (et de costume) de Georges, qui s’identifie à cette écrivaine exceptionnelle au point de l’incarner, au risque d’y perdre sa propre identité.

Le psychiatre, très surpris mais passionné de littérature, écoute Georges et entre peu à peu, presque à son insu, dans une relation forte avec cette incarnation vivante de George Sand.

Les mots, la musique et le chant jouent un rôle essentiel pour évoquer cette femme rebelle qui ne se sentait pas reconnue à sa juste valeur. Elle désire avant tout que son véritable talent de poésie soit reconnu. Certains de ses vers ont été mis en musique par Chopin.

George Sand est tiraillée entre deux mondes : sa lignée royale et son origine populaire. Elle se sent comme un palimpseste. L’écriture est sa passion mais elle aime la vie, les rencontres. Ses poèmes, qui évoquent souvent la nature, sont moins connus mais tout aussi sensibles que ses contes et ses romans.
 
La mise en scène est très moderne et l’émotion arrive au moment où on l’attend le moins. C’est un bel hommage à la littérature, au tiraillement entre être une femme et être un homme puisque dans cette pièce un homme s’identifie à une femme tout en nous rappelant que dans Gabriel de George Sand c’est une fille, élevée comme un garçon pour une sombre histoire d’héritage, qui découvre sa féminité… Comment être soi-même, qui est qui ?

La littérature est aussi un travestissement. L’auteur, qui a déjà consacré une thèse et plusieurs livres à George Sand, nous offre maintenant une pièce originale, enjouée, littéraire, pour parler avec humour d’une autrice très moderne et engagée résolument pour la liberté des femmes.
Une belle prestation, étonnante et riche en surprises, des deux comédiens fortement investis dans des rôles complexes qui se heurtent au début mais évoluent au fil de la pièce.
On en ressort ravi et curieux de se plonger dans Gabriel et quelques autres œuvres de l’autrice disparue il y a tout juste cent cinquante ans. Un bel hommage.

Brigitte Aubonnet 
(22/10/26)    



Retour
Sommaire
Une loge
pour le strapontin








À la Folie Théâtre

6 rue de la Folie Méricourt
75011 PARIS

Jusqu'au
28 novembre 2026




Texte
Joshua Laffont-Cohen

Mise en scène
Joshua Laffont-Cohen
et
Claude Bokhobza

Avec
Joshua Lawrence
et
Alexis Néret





Site de la compagnie :
Poly Plumes