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Un songe d'une nuit d'été d'après Shakespeare & Purcell Shakespeare, féérique, au Théâtre 14 La compagnie Ah, fondée par Antoine Herbez en 2000, nous ouvre les portes de l’enchantement avec Un songe d’une nuit d’été. D’une façon rayonnante, en une sorte de féérie scandinave, on suit, en bordure d’Athènes, à travers l’univers sylvestre des fées et des esprits, l’intrigue amoureuse d’Hermia avec Lysandre mais promise à Demetrius par le père de celle-ci. Demetrius qui, s’il est aimé d’Helena, n’a d’yeux que pour Hermia. Voilà pour la distribution des amants du monde visible. L’invisible monde, c’est le royaume des fées d’Obéron et de sa reine Titiana en compagnie de Toile d’araignée et son violoncelle, Graine de moutarde et son violon, Papillon et sa guitare baroque, distribuant des extraits de The Fairy Queen de Purcell. Obéron a un souci avec Titiana qui a volé un enfant pour l’élever. Alors, pour se venger, le roi donne mission à son lutin de Puck (excellent Francisco Gil) d’aller lui chercher une fleur magique et d’en verser le suc sur les paupières de sa reine endormie. Ainsi tombera-t-elle amoureuse du premier venu. Puck, tête de linotte, en verse également sur les paupières des amants du monde visible réfugiés dans les sous-bois. À leur réveil, ceux-ci s’amourachent les uns des autres. Dès lors, on est embarqué dans un cocktail de quiproquos, incompréhensions et disputes. Lysandre n’aime plus Hermia. Helena se retrouve aimée de Lysandre et de Demetrius. Et pour finir, on assiste à une superbe bagarre entre les protagonistes amoureux sur fond de jalousie et d’éconduites. Un chef-d’œuvre de claques et de coups qui pleuvent, dignes d’un combat de catch avec roues et roulades, le tout superbement orchestré. Musique et sons baroques alternent avec le verbe dans cette adaptation de Shakespeare. Le semi-opéra de Purcell donne une tonalité magique et des vibrations fabuleuses, soit un mélange réussi entre les êtres surnaturels, les amants du monde visible et les bouquets d’arbres. L’universel dramaturge anglais, une fois n’est pas coutume, met à disposition sa boîte à outils avec tous les registres de théâtre, mais l’intérêt de la pièce réside dans la libre adaptation conduite par Antoine Herbez où il place ses personnages dans un flux amoureux-comique et où il entremêle la musique, la danse et le théâtre. C’est gai, joyeux, enlevé ! Les comédiens vont et viennent à travers de hauts panneaux amovibles, noirs comme l’ombre de la nuit, découpés de feuillages, derrière lesquels ils se nichent, s’aiment, dorment ou se disputent. Les costumes médiévaux imaginés par Madeleine Lhopitallier sont magnifiques. Voilà un spectacle à la beauté enchanteresse, mystérieusement hypnotique où l’on se laisse emporter avec un sentiment de bien-être. Patrick Ottaviani (28/05/16) |
Sommaire Une loge pour le strapontin Théâtre 14 20 av. Marc Sangnier 75014 Paris Location : 01 45 45 49 77 Adaptation Mise en scène Direction Musicale Avec Victorien Disse Scénographie Costumes Lumières Chorégraphies Chef de chant |
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