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Karin SERRES, Chlore

Dominique PAQUET, Froissements de nuits


Dans Chlore nous découvrons Aïda, fillette sourde qui utilise la Langue des signes, et Rocco, un garçon aveugle. Ils se rencontrent car ils ont été oubliés à la piscine par leurs profs du collège. Ils sont tous seuls et enfermés. Rocco met toujours du temps pour se rhabiller puisqu’il fait tomber ses affaires, met ses chaussettes et son pull à l’envers.... 
Ils ont chacun leur point de vue sur leurs différences. Ils ont chacun leurs appréhensions comme, bien sûr, Aïda qui n’ose pas dire tout de suite à Rocco qu’elle ne veut pas téléphoner au collège pour les prévenir. « Je suis sourde, pauvre con, t’as compris ? Voilà. T’es content maintenant ? » Aïda a de la rage en elle, Rocco est plus paisible et leurs échanges sont très instructifs puisqu’ils expliquent les moments où ils se sentent en difficulté. Aïda n’aime pas que l’on se moque de sa voix et qu’on la prenne pour une idiote. Rocco lui ne comprend plus rien quand il y a trop de bruits et il respire mieux la nuit : « Comme si les vibrations de la nuit me faisaient m’épanouir, tu comprends ? Me faisaient éclore, comme une belle nuit. » 
Ils réussissent à sortir de la piscine et rentrent ensemble en discutant ce qui leur permet de mieux se connaître.

 

Dans Froissements de nuits nous retrouvons ces deux personnages. Aïda, dite Trompette Rageuse en Langue des Signes, et Rocco, dit Longs Cils en Langue des Signes.
Ils ont grandi et partent se promener ensemble en forêt. Ils nous confient encore leurs sensations : 
« Rocco : Toi aussi, tu sens des ondes autour de toi ? Par exemple, lorsque tu croises un passant, tu frissonnes du mouvement de l’air froissé sur ta joue ? 
Aïda : Ou quand il marche… je vibre de la résonance de ses pas dans mes pieds. 
Rocco : Lorsque je ne sens plus aucun frôlement, j’ai peur ! Pas toi ?
Aïda : Oui. Mais le monde vibre partout, tout le temps…comme un grand piano. Enfin ! Ce que j’imagine être la palpitation d’un grand piano… »
Les échangent ouvrent sur des réflexions philosophiques qui nous questionnent sur la différence et nous donnent de nombreuses clés pour comprendre ces deux adolescents en pleine évolution.
« Mais nous n’avons pas le même silence toi et moi. Moi, j’ai le silence des couleurs, celui des visages… Des humains, sans visage… sans yeux, sans bouche… »
L’écriture est très poétique chargée d’émotions et d’informations indispensables pour cheminer vers la rencontre avec les personnes qui sont en situation de handicap avec leur richesse et leur spécificité. C’est un texte fort et passionnant.

Brigitte Aubonnet 
(20/11/21)      



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Théâtre








Monica Companys
84 pages - 7,10








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Aïda et Rocco
quinze ans plus tard
au milieu d'un désert :


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