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Christophe ESTRADA


Hilarion : L’araignée d’Apollon



Voilà un roman policier historique qui va ravir les amateurs du genre. Nicolas Le Floch (le héros de Jean-François Parot à découvrir ici) se sent déjà moins seul pour enquêter au service du roi puisque nous sommes, ici aussi, sous le règne de Louis XVI. L’araignée d’Apollon est le deuxième volume de cette nouvelle série mais il peut se lire indépendamment du précédent. Il sera toujours temps ensuite de revenir en arrière...

Hilarion, chevalier de S., détaché de son régiment de Chevau-légers, a dû quitter sa chère Provence pour se rendre à Versailles et se mettre au service de M. de Maurepas, ministre et conseiller du roi. Sa réputation de duelliste expérimenté et les affaires délicates qu’il a déjà résolues sont à l’origine de cette nouvelle mission qui lui est expliquée dès son arrivée au château :
– La reine, encore inexpérimentée, est entourée de jeunes seigneurs et de dames qui parfois entraînent Sa Majesté dans une conduite que beaucoup ne considèrent pas être digne d'une reine de France. Des pamphlets circulent l'accusant de ruiner le Trésor par ses folles dépenses au jeu. Voix anonymes et lâches qui lui reprochent son entourage et ses relations.
[...]
– Certains de ces libelles sont même parvenus à Versailles, poursuivit La Chapelle, malgré l'efficacité de la police de M. Lenoir.
Le commis tendit à Hilarion un ensemble de feuilles imprimées et brochées. Le titre, Charlot et Toinette, mettait en scène un couple singulier : la reine et le comte d'Artois, frère du roi. Point n'était besoin d'aller plus avant dans la lecture. Le libertinage obscène du contenu ne faisait aucun doute.
On soupçonne M. de Rancy, maître d’hôtel de la Chambre du roi, d’être l’auteur de cet acte malveillant. Mais encore faudrait-il des preuves pour le démasquer !

L’affaire paraît simple. D’autant plus que le soir même, on trouve M. de Rancy pendu dans les combles de l’opéra. Tout semble faire penser à un suicide. Comme un aveu, affaire classée ? Hilarion est trop observateur pour se laisser duper aussi facilement et son intuition est confirmée par le docteur Lacroix, prédécesseur des légistes qui occupent une place non négligeable dans les polars d’aujourd’hui.

Le chevalier n’est pas seul pour affronter la faune de Versailles, il est accompagné par Pierre, un ancien bagnard marseillais qui s’est attaché à son service depuis qu’Hilarion lui a sauvé la vie. Son accent du sud fait sourire mais son visage et sa carrure n’incitent pas à la moquerie. Il est toujours là quand le chevalier a besoin de lui et il sait se rendre précieux en tendant l’oreille à toutes les informations qui circulent. Il n’est pas insensible au charme féminin et la jolie Toinette attire vite son attention...

Le roman se déroule sur huit journées mais dès la première, le chevalier doit faire face à la jalousie du marquis de Montmort qui espérait sa nomination comme première enseigne aux Chevau-légers, fonction que le roi a préféré confier à Hilarion. Montmort admet mal ce choix pour un chevalier de province et il fait tout pour manifester son insolence, jusqu’à le provoquer en duel.

Étrange, car tout le monde sait qu’Hilarion est une fine lame. Qui peut pousser le marquis à risquer ainsi sa vie ? Et dans quel but ? C’est un des grands mystères auquel va régulièrement se heurter le chevalier. Quelqu’un manigance sans cesse contre lui. Qui ? Pourquoi ?

Le chevalier mettra huit jours pour résoudre toutes ces intrigues et ces huit jours (sans oublier les nuits !) seront pour nous autant d’occasions de circuler dans Versailles, d’en découvrir nombre de recoins, des sous-sols aux greniers, des cuisines à la ménagerie en passant par les jardins, les bosquets, les bassins et leur système aussi ingénieux que labyrinthique d’approvisionnement en eau.

Quant à L’araignée d’Apollon qui donne son titre au roman, nous vous laissons en découvrir l’identité au fil d’une lecture passionnante qui vous donnera certainement envie de vous plonger dans la lecture du précédent épisode, L’énigme des fontaines mortes, en attendant avec impatience ceux, qui nous l’espérons, ne manqueront pas de suivre. Souhaitons longue vie au chevalier Hilarion de S. !

Serge Cabrol 
(06/01/17)    



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Noir & polar








Actes Noirs
(Septembre 2016)
448 pages - 23







Christophe Estrada,

après une enfance à Grasse, vit actuellement à Reims. Son premier roman, Hilarion, l'énigme des fontaines mortes, a été récompensé par le prix Historia du roman policier historique et par le prix Interpol'Art en 2012.



L'énigme
des fontaines mortes

Babel Noir

528 pages - 9,80