![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
Retour à l'accueil du site |
|
Son bébé, elle l’a beaucoup aimé. Il avait tout pour lui. Il était beau, doux, sage. Elle évoque ses parents. « Pourquoi parler de ma mère ? Elle n'était ni froide ni cruelle. Elle m'aimait, je crois, et prétendait me protéger des colères de mon père. […] Pourquoi ne m'interrogez-vous pas sur mon père ? Faut-il que ce soit toujours les mères les coupables ? Je vous le dis, ce sont les hommes les ogres – ils nous poursuivent toute notre vie –, et qui croit leur échapper, les oublier, prend sur ses épaules un pesant fardeau dont il est impossible de se débarrasser. » Elle a refusé de vivre en couple. « Moi, je m'entendais bien avec son père. Je n'ai jamais voulu lui faire du mal mais il n'a pas compris que je refuse de vivre avec lui. Il aurait voulu que nous nous installions ensemble, que nous fabriquions une sorte de nid. Il aimait tant Matthieu. Au début, il a bien été un peu désemparé : il n'avait pas plus que moi désiré cet enfant. Mais, très vite, il l'a reconnu, alors même que je persistais dans ma volonté de vivre seule. Il le voyait occasionnellement, quand son travail lui en laissait le loisir. Cela semblait lui suffire. » Elle parle du voyage en train, de leur arrivée à La-Plage, de la nuit à l’hôtel, et de cette promenade au bord de la mer où elle l’a déposé sur le sable avant de s’enfuir. Dans ce court roman, une centaine de pages, Matthieu Gounelle livre avec beaucoup de finesse et de délicatesse les propos de la narratrice qui raconte cette journée particulière où elle a déposé son bébé sur le sable. Sans qu’elle cherche à se justifier, le lecteur comprend ce qu’elle ressent, son rapport à son bébé, ce qui l’a menée à cet acte, l’univers hors-sol dans lequel elle évolue. « Où la mer a-t-elle pu l'emporter ? Sur quelles rives ? Les courants sont puissants et portent loin. Il a pu vivre dans la mer pendant des jours, avoir été recueilli dans la demeure d'une déesse sur une île sans nom. Cela s'est vu déjà, une déesse amoureuse d'un mortel. Qui peut affirmer que je l'ai tué ? Qu'il est mort ? Qui ? Mon geste était un geste d'amour. » Serge Cabrol (22/11/24) |
Sommaire Lectures ![]() Arléa (Août 2024) 104 pages - 17 €
Visiter son site : matthieugounelle.eu Retrouver sur notre site un autre livre de Matthieu Gounelle : Un ciel de pierres |
||||||