![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
Retour à l'accueil du site |
|
Les protagonistes sont très différents ; Marianne est une artiste accomplie, une styliste renommée qui s’épanouit dans son travail et dans sa vie de famille. Cyril est un célibataire endurci qui préserve sa liberté et ses secrets. Il écrit des articles, lit beaucoup, soigne sa liberté. La première rencontre se fait à l’occasion d’une interview pour un magazine. Cyril sait écouter Marianne et lui adresse quelques compliments qui la rassurent sur ses choix et sa réussite professionnelle. Il n’est pas insensible au charme de Marianne. Bientôt les appels se font quotidiens. Cyril parle de ses lectures et des écrivains qu’il rencontre ce qui distrait et amuse Marianne. Ce sont des échanges très libres et détendus. Le plaisir de la complicité est évident. Cyril parle très peu de lui et Marianne le croit solitaire. Pourtant, après un dîner chez Marianne, une femme, Ania, attend Cyril, ce qui semble beaucoup le contrarier. Marianne devine que Cyril ne s’est pas bien comporté avec elle. Elle se laisse aller à conseiller Ania par solidarité féminine et par compassion. Elle lui dit que « Cyril est un amant, pas un père. Il n’est pas l’homme dont vous avez besoin. » C’est un jugement sévère et dur à l’égard de son ami. Peut-on trahir un ami ? Cette question se reposera plus tard dans le roman. Cette fragilité de l’amitié entre un homme et une femme est un des questionnements de l’autrice. A l’inverse de Cyril, Marianne se confie quand sa vie de couple bascule. Elle le fait sans censure et sans filtre. « Quand elle parlait avec Cyril, Marianne se livrait dans une sensation d’intimité et de confiance si complète, si nécessaire et réconfortante, qu’elle ne censurait aucune pensée. […] Le chagrin et l’échec se partagent mieux que la joie et la réussite… » Quand Cyril tombe amoureux de Julia, il garde le secret et ne la présente à aucun de ses amis. Après deux années de « cachoterie », Julia se rebelle et Cyril comprend qu’il va la perdre. Il demande conseil à Marianne qui, cherchant à l’aider, lui conseille d’écrire une lettre à Julia et finit par la dicter à Cyril. N’était-ce pas aller trop loin dans l’intimité du couple ? « Elle avait été la rédactrice fantôme d’une lettre d’amour, elle avait mis au service d’un homme sa connaissance de la féminité. Était-ce une tromperie ? une félonie ? Était-ce pour une bonne cause ? Marianne devinait l’excès de complicité, la menace pour l’équilibre entre eux. Un jour, pour une raison ou une autre, Cyril lui en voudrait […] Et elle aussi, qui avait apporté son aide, s’exprimant à sa place, elle pourrait lui reprocher d’en avoir mal usé, de l’avoir fait mentir. Elle pourrait se reprocher d’avoir mené ça comme un jeu, de s’être mal conduite. Par amitié ? » Cette lettre à quatre mains renfermait un poison. Quand Marianne et Julia deviennent amies, elles évitent de parler de Cyril. « En amitié comme en amour, on perd le droit de parler des autres quand on les connaît intimement. » Ce qui fait naître l’amitié et ce qui peut la détruire, insidieusement, c’est cela qu’explore avec talent et brio Alice Ferney. Nadine Dutier (21/08/25) |
Sommaire Lectures ![]() Actes Sud (Août 2025) 304 pages - 22 € ![]() Alice Ferney Bio-bibliographie sur Wikipédia Découvrir sur notre site d’autres romans d’Alice Ferney : Passé sous silence Les Bourgeois L’intimité |
||||||