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Michèle GAZIER

Une vie pleine de livres et d’amitié


En refermant le dernier livre de Michèle Gazier on se prend à songer : Qui n’a pas rêvé de retrouver Nathalie Sarraute pour un goûter ? Marcher – sautiller, précise-t-elle – au bras de l’immense Nina Berberova âgée de plus de quatre-vingts ans ?
Partager l’une des innombrables recettes de Pepe Carvalho avec son créateur lui-même ? Manolo. Manuel Vázquez Montalbán, homme de peu de paroles à l’ironie légendaire ?
Il y a Dumayet, Pons, Semprun, Claude Simon, Tàpies et des dizaines d’autres dans les 135 pages de la vie de Michèle Gazier, sans omettre le pilier central que fut, demeure, Pierre Lepape dont le talent, la curiosité, l’érudition lui permettaient de dialoguer à travers le temps avec les plus grands : Voltaire, Diderot, Sorel… Un compagnon de vie, un éclaireur des lettres.
« Il écrivait du plus profond de son savoir et de sa passion et l’écriture était un jaillissement. »
Avec la simplicité et la générosité qui la caractérisent, Michèle Gazier partage ses rencontres, ses rendez-vous, ses amitiés littéraires, artistiques de toute une existence vouée à la littérature, à l’art, aux autres.
Tour à tout professeur, traductrice et exploratrice (elle a introduit les grands d’Espagne dans un paysage français enivré par le réalisme magique des Amériques, critique littéraire pendant de nombreuses années, elle a mis en lumière des centaines d’écrivains dont les livres nous accompagnent toujours avec un enthousiasme sans faille.
Écrivain, enfin, surtout et toujours, Michèle Gazier nous a offert un monde aussi intime qu’éclatant.
Elle a eu de la chance… ces moments qu’elle nous livre, dans de courts chapitres sont des regards, des gestes, des paroles sauvées de l’oubli ; car toutes ces femmes, ces hommes ont un point commun, terrible et universel : la mort. La mort qui les arrachés à nous.
« Pourquoi n’avoir choisi que des morts ? » lui demande-t-on.
Et elle de répondre en un éclat de rire malicieux « Parce que les vivants sont emmerdants », avant de reprendre ce fil littéraire ininterrompu source de tant d’aventures.
En refermant avec regret le livre, véritable coffre aux trésors, une question fuse : à quand une suite ?
Parce que ce qui est écrit reste, et ce reste nourrit nos existences.
Merci Michèle Gazier.

Marie Luise D’Orcisto 
(25/04/25)   



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Lectures



Arléa

(Avril 2025)
152 pages - 18 €



Michèle Gazier,
écrivaine, traductrice, critique littéraire
et éditrice, a déjà publié
de nombreux ouvrages.

Bio-bibliographie sur
Wikipédia


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