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Lilja SIGURÐARDÓTTIR


Noir comme la neige


Dans ce troisième volume de la série Aurora, nous voici à nouveau en Islande où Daníel et Héléna, les enquêteurs de la brigade criminelle, sont confrontés dès les premières pages à une macabre découverte, point de départ d’une aventure qui nous amène à rencontrer des personnages attachants et d’autres beaucoup moins sympathiques voire carrément cruels et sans scrupules.

Un coureur faisant son jogging a été étonné de voir un conteneur en pleine campagne. « Il avait appelé le service environnemental de la ville pour demander ce qu'un conteneur de six mètres de long faisait là, au cœur d'une zone naturelle protégée. Un employé municipal était venu évaluer la situation et, ouvrant le conteneur, avait immédiatement vomi sur sa combinaison orange. Les premiers policiers dépêchés sur place avaient eu du mal à décrire ce qu'ils voyaient. Le conteneur abritait un tas de cadavres, avaient-ils dit. Un tas. »
En fait, il y a cinq corps de femmes dans le conteneur. Quatre sont mortes mais la cinquième, qui respire encore, est immédiatement transportée à l’hôpital.

Qui sont ces femmes ?  D’où viennent-elles ? À qui appartient ce conteneur ? Comment est-il arrivé là ? Toutes ces questions vont devoir trouver leurs réponses, c’est le travail des enquêteurs que nous suivons avec beaucoup d’intérêt et d’empathie.
La femme survivante qui émerge peu à peu du coma est tout étonnée d’apprendre qu’elle est en Islande. Elle s’appelle Bisi, elle est nigériane et c’est au fil du roman que nous apprenons quel a été son parcours pour aller du Nigéria en Islande en passant par Paris. Sa condition de femme et ses choix de vie sont au cœur de ses dramatiques mésaventures. La liberté est toujours un combat.

Parallèlement, nous retrouvons Aurora, détective spécialisée dans la finance, déjà rencontrée dans Froid comme l'enfer et Rouge comme la mer. Elle n’a toujours pas retrouvé le corps de sa sœur et continue à fouiller les champs de lave à l’aide d’un drone, observant tous les replis, détectant la moindre tache de couleur.
Mais, ici, c’est pour une autre raison qu’on vient la solliciter. "On" c’est Elín, l’ex-épouse de Daníel, l’inspecteur de la brigade criminelle. À cinquante ans, elle est tombée amoureuse d’un homme de trente ans, Sergei, un Russe qui s’est installé chez elle et qui insiste pour l’épouser. Elle surprend quelques conversations téléphoniques où, bien qu’elle ne comprenne pas le russe, elle perçoit quelques mots anglais : « Come on, baby, come on Sofia ». « À qui pouvait-il parler sur ce ton ? Avec cette voix tendre qu’il n’employait que pour elle ? »
Ne sachant vers qui se tourner mais décidée à en savoir plus sur Sergei, Elín s’adresse à son ex-mari qui lui répond que les affaires privées ne relèvent pas de la police et qui l’oriente vers Aurora. « Daníel m’a dit que tu enquêtais sur les questions financières, ce genre de choses, en toute discrétion, et mieux que la police. J’aurais besoin d’en savoir plus sur un homme que j’envisage d’épouser. » Aurora accepte, sans savoir encore que cette enquête va croiser celle de Daníel. La relation entre le policier et l’enquêtrice financière reste ambiguë, mélange d’attirance et de retenue, Daníel culpabilisant de ne pas avoir résolu le mystère de la disparition d’Ísafold, cette sœur dont Aurora continue à rechercher le corps dans les champs de lave.

Encore une fois, Lilja Sigurdardóttir nous fait découvrir son pays, ses paysages, ses traditions et ses institutions, tout en abordant des problèmes de société très contemporains.
Qui sont les femmes retrouvées dans le conteneur ? D’où viennent-elles ? Qui est responsable de leur mort ? Nous le saurons, après beaucoup de suspense et de rebondissements de même que nous découvrirons le passé de Bisi et apprendrons qui est vraiment Sergei. L’autrice peut continuer cette série, on ne s’en lasse pas…

Serge Cabrol 
(09/05/25)    



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Noir & polar







Lilja SIGURÐARDÓTTIR,  Noir comme la neige
Métailié Noir

(Mars 2025)
304 pages - 22 €


Traduit de l’islandais par
Jean-Christophe Salaün







Lilja Sigurdardóttir
née en Islande en 1972, a publié une dizaine de romans noirs traduits en une quinzaine de langues.


Bio-bibliographie sur
le site de l’éditeur






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les deux premiers volumes
de la série Aurora :

Froid comme l'enfer

Rouge comme la mer