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Renaud MEYER
Retour à Balbec
Ce Retour à Balbec, subtil cocktail de musique et de littérature, joue avec la mémoire, les rêves, les souvenirs, l’affection aussi et même l’amour, flirtant avec le fantastique, porté par le souffle de l’imaginaire sur une plage normande… Le personnage principal est un pianiste célèbre, Samuel Packchelian, qui revient à Balbec où il passait ses vacances d’enfant avec sa grand-mère. C’est elle qui l’a élevé, a encouragé sa passion pour le piano. « Maryam Pakhchelian avait sacrifié tout son temps à la splendeur de ce petit-fils prodige et avait fait de Samuel ce qu'il était. Son acharnement inébranlable avait conduit l'enfant à la virtuosité, et plus tard aux sommets de la musique classique. » Devenu un interprète mondialement reconnu des œuvres de Debussy, Samuel a pourtant brutalement interrompu sa carrière. C’était il y a dix ans, alors qu’il s’était lancé dans un marathon de quatre jours au Carnegie Hall de New York pour jouer L’intégrale Debussy. « Le matin du quatrième jour, Samuel avait annulé son concert, prétextant s'être coincé la main dans la porte de sa chambre d'hôtel. » « Personne n'avait réussi à le convaincre de remonter sur une scène ni de revenir dans un studio d'enregistrement. Un soleil s'était couché sur l'horizon de la musique classique. » Il n’a jamais révélé officiellement la raison de son abandon, le motif était trop intense et trop intime. C’était la disparition de sa grand-mère. « Il s'était senti comme absorbé dans un trou noir. » Dix années ont passé sans qu’il parvienne à se remettre au piano. Et voilà qu’aujourd’hui, « le directeur d’un festival de musique l’avait convié pour un concert exceptionnel dans la petite ville de Sainte-Marguerite-sur-Mer qui jouxtait la plage normande de Balbec où Samuel passait autrefois ses vacances d’été. » À la grande surprise du public, Samuel a accepté. Il jouera La Mer de Debussy, seul au piano, ainsi que des Préludes. La première partie du roman, une centaine de pages, se déroule donc sur la plage de Balbec et aux alentours. Sur la terrasse d’un ancien hôtel maintenant divisé en appartements, il aperçoit une vieille dame qui ressemble beaucoup à sa grand-mère. Il s’approche et engage la conversation. Elle vient là depuis très longtemps, elle y venait déjà quand Samuel jouait sur la plage. Elle se souvient de lui « parce qu’on criait souvent son prénom, Samuel, pour le ramener parmi les autres. Une nature solitaire toujours à l’écart. » Elle est autrice et il y a un petit Samuel dans ses livres. Il y a aussi un piano dans son appartement. Il vient répéter chez elle pour préparer son concert. Une relation très affectueuse les unit comme s’il avait retrouvé sa grand-mère. Pour la suite et la fin de cette rencontre, on laisse au lecteur le plaisir de la lecture et de la découverte… Après le concert, Samuel rentre à Paris. Un jour qu’il s’abrite de la pluie devant une librairie, il découvre que la vitrine est en partie consacrée à l’autrice de Balbec. Il entre et une vendeuse va l’accompagner, lui qui n’aimait pas lire, dans l’univers littéraire de l’autrice. Elle sait qu’il est pianiste, elle va assister à un de ses concerts. Là encore une étrange relation, entre rêve et réalité, passé et présent, va les unir. Elle s’appelle… Albertine. Étonnant, non ? Un très beau roman, fin, subtil, où l’imaginaire mène le jeu entre Balbec et Paris, entre Proust er Debussy.
Serge Cabrol
(06/10/25)
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Lectures

Buchet-Chastel
(Août 2025)
160 pages - 19 €

Renaud Meyer
a été journaliste avant de se consacrer à l'écriture et au théâtre.
Retrouver sur notre site un entretien avec Renaud Meyer autour de sa pièce

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