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Thomas CANTALOUBE


Les Trente Glorieuses


Dans un avant-propos, l’auteur prévient :
« Certains évènements contenus dans ce livre se sont déroulés, d’autres non.
Certaines personnes ont existé ou existent encore, d’autres non.
Des lieux sont imaginés, d’autres non.
Mais ce qui n’est pas vrai est vraisemblable. »

Au printemps 2023, deux cadavres momifiés sont découverts dans l’ancienne chaufferie de la cité-immeuble des Trente Glorieuses à Marseille par des gamins qui taisent leur trouvaille. Il n’est pas difficile de reconnaître la Cité Radieuse, la maison du fada, construite par Le Corbusier, que l’auteur nomme sous le nom de « l’Architecte ». Kader, architecte à la retraite, habitant des Trente Glorieuses, dont le passe-temps favori est de regarder par la fenêtre, va voir ce que les enfants ont trouvé et prévient la police. Inès, directrice-adjointe de la RPLSM, office public qui gère la cité, est prévenue en l’absence de son directeur en congé maladie suite à un covid long. La police tait l’affaire, rien dans la presse et l’appartement de Kader est fouillé après lui avoir retiré ses papiers. Inès, Aline, une copine de fac de celle-ci et Kader, trouvent cela bien étrange…

Automne 1972, à Marseille, les élections législatives de 73 se préparent. Pierre-Yves Fondari, dit Pyf, gros entrepreneur en bâtiment qui refait la chaufferie des Trente Glorieuses, se présente à la députation sous l’étiquette UDR, alors que le maire, Gaston Deffere, est socialiste. Se mélangent les affaires et la campagne électorale.

Les chapitres alternent entre 2023 et 1972, entre les magouilles d’hier et celles d’aujourd’hui et Inès, Aline et Kader ont fort à faire avec l’opposition du capitaine Ludovic Laument et le directeur de la RPLSM pour y voir clair. Nous circulons dans les bâtiments écroulés de la rue d’Aubagne et les rétrocessions aux caisses des partis politiques : « D’ordinaire, ce genre de rendez-vous […] se passait invariablement de la même manière. Le commanditaire public donnait un chiffre qui était à la fois celui à ne pas dépasser lors de l’appel d’offre, et celui qui permettait d’être mieux-disant que les concurrents. Une garantie de décrocher le marché. Ensuite, on se mettait d’accord sur le montant de la commission à payer, où comme l’on euphémisait parfois, à "rétrocéder", à la caisse de campagne de l’élu qui attribuait le marché, ou à son parti politique. Et on complétait le tout par une ou plusieurs enveloppes destinées aux différents maillons participant à la transaction – au moins deux : l’interlocuteur décisionnaire et l’élu dont ce dernier dépendait. » Nous circulons entre l’innovation de l’Architecte des Trente Glorieuses, la police au service de l’UDR ou des puissants et la gentrification des quartiers populaire ou logements sociaux.

Les Trente Glorieuses est un roman noir qu’on lit avec entrain et qui relie les combines politiques de la société française d’il y a cinquante ans aux nouvelles magouilles d’aujourd’hui.

Michel Lansade 
(03/08/26)    



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Noir & polar







Thomas  CANTALOUBE, Les Trente Glorieuses
Gallimard Série Noire

(Avril 2026)
368 pages - 21 €

Version numérique
14,99 €




Thomas Cantaloube

Bio-bibliographie sur
Wikipédia



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ses précédents romans :

Requiem pour une République

Frakas

Mai 67

Les cols des Amériques