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Colin NIEL

Le septième siffleur


Après nous avoir emmenés en Guyane avec Darwine et Wallace, l’auteur change de continent et nous voici dans le nord de l’Écosse, en France dans la baie de Somme et au Maroc dans la lagune Merja Zerga.
L’illustration de couverture annonce bien ce qui va suivre. Une ferme dans les Highlands et au premier plan un oiseau, un courlis cendré, comme celui qu’une légende appelle "Le septième siffleur". Cet oiseau en voie de disparition est un migrateur. Il se reproduit au printemps en Écosse avant de partir pour le Maroc en survolant la France.
Dans chacune de ces trois zones, nous rencontrons une famille et particulièrement un rapport difficile avec un fils adolescent ou jeune adulte. Le roman s’étale sur deux années en chapitres alternés nous emportant de pays en pays et de famille en famille.

Dans les Highlands, le fermier, Tormod élève des vaches et des moutons. Son épouse Fiona travaille dans une distillerie de whisky à une vingtaine de kilomètres de la ferme. Ils ont un fils de 13 ans, Spencer, atteint d’une maladie ophtalmique « qui allait, de façon lente mais certaine, altérer sa vision. En réduire le champ, tel un tunnel qui se rétrécirait sans jamais déboucher sur rien. Pour, à l’âge adulte, […] le réduire à une seule tâche de lumière au centre de ses deux yeux avant de l’éteindre tout à fait ». Contrairement aux espoirs de son père, Spencer n’envisage pas de devenir un fermier aveugle même si un reportage sur Internet montre que c’est possible puisqu’un autre l’a fait.
Bonnie, membre d’une association de protection de la nature, fait le tour des fermes pour convaincre les propriétaires d’adopter certaines mesures pour protéger la nidification dans les prairies et favoriser la reproduction des oiseaux. Elle vient proposer cette adaptation, accompagnée de subventions, à Tormod qui refuse sèchement. Il n’apprécie pas qu’on vienne lui dire comment faire son travail et il ne croit pas aux subventions.
Fiona, elle, est intéressée par l’idée de protéger les oiseaux auxquels elle est très attachée depuis l’enfance et qu’elle voit disparaître un peu plus chaque année.
À l’insu de son mari, elle va accepter les conseils de Bonnie et effectuer en cachette les travaux nécessaires pour préparer dans une prairie un lieu d’accueil idéal pour oiseaux migrateurs…

En France, la baie de Somme est un lieu apprécié par les oiseaux, une escale bienvenue pour les migrateurs. Une réserve naturelle de quatre mille hectares a été créée en 1994 jouxtant une zone de chasse de trois mille hectares. C’est là que nous accompagnons Willy passionné de chasse au point de la considérer comme un art traditionnel. Initié par son beau-père, il aurait bien voulu transmettre sa passion et ses connaissances à son fils et partager avec lui les moments magiques qu’il vit dans sa hutte à guetter les canards mais Kylian adore les animaux et déteste la chasse. Pour Willy c’est une grande déception, un échec, une frustration…

Au Maroc, Hamza, 22 ans, rêve de quitter le pays comme son frère aîné qui a réussi à s’installer en Espagne. Mais son père, qui travaille comme guide ornithologique en emmenant les naturalistes voir les oiseaux dans la lagune Merja Zerga, veut que son fils le seconde parce que les clients ne manquent pas. Hamza, qui sillonne la lagune depuis qu’il sait marcher, la connaît comme sa poche et pourrait facilement y promener les touristes. Son père lui a même offert un Guide des oiseaux du Maroc pour répondre aux questions avec le moins d’erreurs possible. Son avenir est tout tracé. Trop tracé. Ce n’est pas de cela que rêve Hamza…

Dans les trois lieux de vie du courlis cendré au fil de ses migrations, ce sont trois situations familiales différentes que nous découvrons mais où la relation entre les parents et leur fils est à un moment difficile et chaque fois le courlis cendré joue un rôle important.

Ce roman est aussi une belle occasion de visiter ces trois régions si éloignées les unes des autres dont Colin Niel nous offre de magnifiques descriptions, notamment de la nature et des oiseaux.

C’est un livre profondément humain, comme les précédents, où l’auteur montre à la fois la complexité des relations humaines mais aussi leur interaction obligatoire avec la nature qui les entoure et les façonne de génération en génération.

Serge Cabrol 
(03/09/26)    



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Lectures








Seuil

(Août 2026)
368 pages - 22 €




Colin Niel,
né en 1976, Ingénieur agronome, a travaillé pendant douze ans dans la préservation de la biodiversité et vécu plusieurs années en Guyane française. Le septième siffleur est son neuvième roman.

Bio-bibliographie sur
Wikipédia



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